Theodorakis
- Chronologie (VIII)
Exil 1970-1974
par
Guy Wagner et Asteris Koutoulas
Structure
et illustrations: Guy Wagner
1970
13.04.
En
libérant prématurément Theodorakis, la junte a voulu
influencer les ministres du Conseil de l’Europe, qui se réunissent
le 15 à Strasbourg, afin de décider si le long rapport de
1.200 pages concernant la torture dans les prisons grecques, établi
par la Commission des droits de l’homme, devait être publié.
La publication sera approuvée par les voix de17 pays, et cela malgré
les tentatives de la junte pour faire pression sur les délégués
ou pour les soudoyer.
29.04. Conférence de presse de Theodorakis, qui
se défend contre des rumeurs circulant à Paris : Il accuse
la junte de violer les droits de l’homme, quitte à nuire
par cette action à sa famille toujours retenue en Grèce.
Il présente un programme en neuf points contre la dictature.
11.05. La famille de Theodorakis réussit à
fuire de Grèce. Myrto et les enfants Margarita et Yorgos arrivent
à Paris, alors que Theodorakis parle à un meeting à
la Mutualité.
Octobre. Theodorakis commence une tournée de concerts
mondiale qui est pour lui le moyen d’exprimer sa résistance
à la dictature dans sa patrie.
Au Chili, il rencontre Salvador Allende et conçoit le projet de
composer un grand oratorio sur des textes du Canto General
de Pablo Neruda.
Theodorakis devient le symbole de la résistance
grecque contre la junte.
Theodorakis avec Melina Mercouri à Paris, 1970
1971
Février Theodorakis fonde le Conseil
National de la Résistance (E.A.S.), qui voudrait rallier
toutes les forces anti-dictatoriales, des royalistes aux communistes.
Andreas Papandreou refuse une participation des royalistes. C’est
la rupture entre Theodorakis et lui.
03.05. Première manifestation du Conseil National
de la Résistance à Düsseldorf.
Août Mort de George Seferis. Ses
funérailles deviennent l’occasion d’une démonstration
massive contre le régime, la foule chantant les
poèmes du défunt que Theodorakis a mis en musique.
1972
05.03. Theodorakis quitte le Parti
Communiste dit « de l’Intérieur », auquel il
s’était rallié après la scission du P.C. Grec
en un parti « de l’Extérieur » et un parti «
de l’Intérieur. »
Il continue ses tournées de concerts qui sont autant d’appels
à la résistance et à la lutte.
Mikis
et Myrto Theodorakis à Londres, 1972
1973
01.06. Des officiers de la Marine Hellénique
se révoltent contre le gouvernement. Papadopoulos organise un plébiscite
et abolit la monarchie.
29.08. Papadopoulos prête serment comme Président
de la République et proclame une amnistie.
11.09. Putsch au Chili. Salvador Allende,
le président élu est assassiné, et le général
Pinochet établit une dictature sanguinaire. Pablo
Neruda meurt. Theodorakis est à cette époque en
Amérique Latine. Il devait présenter le Canto
General au Chili. Il ne pourra le faire que vingt ans plus
tard.
Novembre. Emeute des étudiants de l’Ecole
Polytechnique d'Athènes. La répression est brutale.
25.11. Le sinistre Ioannides renverse
Papadopoulos et met le général Ghizikis
à la tête de l’Etat. Theodorakis annule toutes ses
tournées et publie son pamphlet: L'Américanocratie.
1974
15.07. La junte d’Athènes organise un coup
d’Etat à Chypre pour renverser et assassiner
le Président Makarios III, trop indépendant à ses
yeux. Celui-ci réussit à s’échapper.
20.07. Invasion de l’Armée turque
à Chypre. C’en est fini pour les colonels.
23.07. Karamanlis est rappelé d’exil pour
former un gouvernement civil.
La tragédie des Chypriotes grecs
©
Guy Wagner & Asteris Koutoulas, 1996-2002. Ce © vaut
pour les illustrations en provenance des Archives FILIKI
et Mikis Theodorakis
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