Theodorakis - Chronologie (III)
Guerre Civile 1944-1949 par
Guy Wagner et Asteris Koutoulas
Basé
sur Ole Wahl Olsen
Structure
et illustrations: Guy Wagner
1944
Eté.
Les partisans grecs de l’E.L.A.S. contrôlent 3/4 du pays.
La coalition anti-hitlérienne se met d’accord que la Grèce
appartienne à la sphère d’intérêt britannique.
Churchill initie la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale
en exil sous Georges Papandreou.
A la Conférence du Liban, les responsables de l’E.A.M. acceptent
le programme de Papandreou et, plus tard, le haut commandement britannique
sur l’E.L.A.S..
12.10.
Churchill et Stalin tombent d'accord que la Grèce reste dans la
« sphère d'intérêt » britannique. Le même
jour, les troupes allemandes quittent Athènes et le Pirée.
Theodorakis
fait la connaissance de Vasilis Zannos, le chef d'une section de l'E.A.M.,
à Paleo Faliro. Ensemble, ils désarment un régiment
de la « Luftwaffe ». Ils remettent leurs armes au groupe de
résistance estudiantin « Lord Byron»,' auquel appartient
le futur compositeur Iannis Xenakis.
14.10.
Les troupes britanniques débarquent et, avec elles, le gouvernement
Papandreou. Ils exigent le désarmement unilatéral
des partisans. Ceux-ci refusent.
03.12.
Grande manifestation de l’E.A.M. à Syntagma.
Les troupes anglaises font feu sur la foule non armée.
30 manifestants meurent, 124 sont blessés.
Theodorakis participe à la démonstration, plonge un drapeau
grec dans le sang d’un camarade tué et est assommé
par un soldat anglais.
04.12.
Grève générale. Papandreou doit
démissionner. Il s’ensuit six semaines de combats entre des
unités de l’E.L.A.S. et les troupes britanniques.
Theodorakis,
comme Xenakis, prend part aux « Evénements de décembre
». La branche politique de l’E.A.M. ne peut pas se décider
à engager des divisions régulières.
Churchill
à Athènes
12.12.
Après une entrevue avec le commandant en chef des Britanniques,
Scobie, l’E.A.M. se déclare prête à retirer,
sous certaines conditions, ses troupes régulières encore
stationnées à Athènes.
1945
11.01.
Armistice. Les zones, où les unités de l’E.L.A.S.
doivent se retirer, sont déterminées. L’E.L.A.S. quitte
l’Attique et se retire en Thessalie, où
des milliers de sympathisants de la Gauche suivent les combattants par
peur de représailles.
13.02. Dans la ville côtière de Varkiza, des négociations
entre le gouvernement et l’E.A.M. aboutissent aux «
Accords de Varkiza ».
Aris Velokhiotis, un vrai »kapetanios«, poursuivi et
assassiné pour avoir refusé les accords de Varkiza
Très
vite, il apparaît que cet accord est une tentative unilatérale
d'écarter les exigences politiques de l'armée
populaire. L'Armée Nationale est instaurée
qui refuse de recruter les soldats de l'E.L.A.S., engage par contre des
officiers monarchistes et d'anciens collaborateurs des troupes d'occupation.
Juin
Le procès des collaborateurs touche à sa fin.
Yannis Rallis, le chef du gouvernement grec pendant l'occupation allemande
et, de ce fait, directement responsable de la mort de nombreux Grecs,
n'est pas condamné à mort, en dépit de l'exigence
populaire. Les nationalistes prennent en main la vie politique.
A leurs yeux, les partisans sont des «,communistes »
et les bataillons grecs de sécurité, organisés durant
la guerre par les Allemands pour lutter contre la résistance, deviennent
les alliés du gouvernement de droite dans sa lutte contre les «
ennemis de la nation ». «Après tout Hitler était
lui aussi un anti-communiste.» (Olsen)
En quinze
mois, il y a cinq gouvernements et dix remaniements ministériels,
sans participation de l’E.A.M..
Theodorakis
fonde la Chorale de l’E.P.O.N., continue ses études et découvre
la musique du XXe siècle.
1946
Janvier
Theodorakis exposes ses idées à un congrès de l'E.P.O.N.
sur une politique de résistance culturelle.
La «
Terreur blanche » règne à Athènes. Pour
cette raison, les partis de gauche ont appelé au boycott des élections
et à une grande manifestation. Le boycott sera suivi par
au moins 38% de la population.
26.03.
Manifestation à Athènes. La foule chante
« La Chanson du Capitaine Zacharias » de Theodorakis qui est
en tête du cortège. Avant que le cortège n'atteigne
la Place de la Constitution (Syntagma), Theodorakis est encerclé,
battu jusqu’à devenir inconscient et se réveille dans
une morgue. Il a une fracture du crâne et la vision de l’œil
droit est fortement réduite.
27.03.
Un journal relate qu''il y a eu un mort à la démonstration.
Les amis de Theodorakis réussissent à le faire transférer
dans un hôpital sûr où il doit rester deux mois.
06.
04. Proclamations des résultats électoraux.
Le gouvernement ne publie cependant pas le nombre de ceux qui se sont
abstenus.
01.09.
Les royalistes organisent un référendum
manipulé pour le retour du roi.
27.09.
Retour de Georges II en Grèce. La chasse aux «
Rouges » est intensifiée.
28.
10. Le Parti Communiste et ses alliés fondent l’Armée
Démocratique pour réagir contre la terreur de droite
et le non respect des Accords de Varkiza. La Guerre civile
débute officiellement.
1947
12.03.
La Doctrine Truman est proclamée et acceptée
par la Grèce. Les Etats-Unis remplacent la Grande-Bretagne et détermineront
l’évolution de la politique dans le pays.
Le roi Paul of Greece et Frideriki
Paul
Ier et son épouse Frédérika (Frideriki)
succèdent à Georges II.
Juillet
Des dizaines de milliers de résistants, dont Theodorakis, sont
déportés, d'abord à Psitalia, une île
de l'Egée entre Athènes et Corinthe, ensuite sur l’île
d’Icarie (Ikaria), près de la côte turque. Mikis
y retrouvera Vasilis Zannos. Comme les déportés sont largement
abandonnés à eux mêmes, Theodorakis s’occupera
intensément de musique démotique et découvre le rébétiko.
Premier exil à Ikaria. A droite: Mikis Theodorakis
Septembre
Une amnistie du nouveau Premier ministre Themistoklis Sophoulis
permet à Mikis de rentrer à Athènes sur le même
bateau que Zannos.
23.12.
Markos Vafiadis fonde le « Gouvernement Démocratique
Provisoire ». La Gauche est persécutée et le Parti
Communiste est déclaré illégal.
1948
La chasse
à l'homme reprend. Theodorakis doit entrer en clandestinité.
Pendant quatre nuits par semaine, il trouve refuge chez des amis, des
camarades ou des sympathisants. Les autres nuits, il doit les passer dehors,
partageant son sort avec son ami Pavlos Papamercouriou.
Ils se cachent dans des ruines et sur des chantiers. Conséquence:
Mikis est atteint d’une affection pulmonaire qui dégénère
à Makronissos en tuberculose. Il en souffrira sa vie durant.
Au
théâtre du Pirée, il trouve du travail dans un spectacle
où Melina Mercouri joue le rôle principal. A des moments
libres, il rentre en secret au Conservatoire pour s'entraîner au
piano et assister à des répétitions chorales.
01.05.
Theodorakis ne peut plus se cacher plus longtemps et va voir ses parents
à Nea Smyrnii, le faubourg où habite la famille, Il est
arrêté et de nouveau déporté
à Icarie. Son ami Pavlos est arrêté aussi. Il est
effroyablement torturé (on lui brise la colonne vertébrale)
et condamné à mort. Il doit être porté sur
une chaise sur le lieu de l'exécution. Plus tard, Theodorakis écrira
la « Ballade du Frère mort » en sa mémoire.
A Ikaria,
il apprend presqu'en même temps la mort de Vasilis Zannos et celle
de son ami de jeunesse, Makis Karlis, qui était dans l'armée
nationale et a sauté avec une jeep sur une mine. Theodorakis dédiera
sa Première Symphonie à ces deux victimes
de la guerre fratricide.
Décembre On soumet une déclaration de repentir
aux détenus. Ceux qui ne signent pas ou n'ont pas fait leur service
militaire, vont être transférés à Macronissos,
dans le sud-est de l’Attique, face au Cap Sounion, où le
gouvernement a instauré un « centre de rééducation
» pour ceux qui ont été contaminé par le
« virus rouge ».
1949
Fin Janvier Theodorakis est transféré à Macronissos.
Makronissos, la "grande île"
©
Guy Wagner & Asteris Koutoulas, 1996-2002. Ce © vaut
pour les illustrations en provenance des Archives FILIKI
et Mikis Theodorakis
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