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Scène de "Zorba"
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Il repose sur un air qu’aimait Anthony Quinn, et sur le Syrtos Chaniotikis, la danse typique de la ville de Chania en Crète.
Depuis sa création à Vérone en été 1988, le ballet “Zorba il Greco” a connu un triomphe justifié dans le monde entier. Il repose sur la qualité de l’argument scénique, la chorégraphie de Lorca Massine, riche et judicieusement appropriée à la musique et surtout celle-ci.
Il est permis d’affirmer qu’avec elle, Theodorakis exorcise pour ainsi dire les préjugés qui existent contre lui. Sa musique est un défi. Elle compte sans aucun doute parmi les plus belles qu’il ait écrites et constitue la réussite d’une de ses visées essentielles: unir la musique symphonique, populaire et “folklorique” crétoise de façon tellement harmonique et harmonieuse que cette union apparaisse comme quelque chose de naturel, d’évident. Theodorakis n’a jamais considéré les différentes musiques comme contradictoires, mais comme une “synthèse”. Il est, comme il le dit lui-même, “Crétois, Grec et Européen”.
Avec “Zorba”, il a ouvert toutes grandes les portes de la musique symphonique à la musique populaire de son pays et surtout de la Crète de ses ancètres, car sa musique puise aux sources des grands mythes grecs, du conflit éternel entre la vie et la mort, l’amour et la haine, le désespoir et la fureur de vivre. Apollon et Dionysos sont éternels et “Zorba” est l’expression musicale d’un immense espoir. C’est cet espoir qui triomphe sur la mort et qui fait triompher ce ballet partout où il est donné.
Il n’en a pas été autrement pour les représentations au Théâtre de Luxembourg, et la chorégraphie de Lorca Massine n’a pas pris une ride, tandis que la joie des danseuses et danseurs est toujours aussi intense, comme l’est la jubilation finale d’un public conquis.
© Guy Wagner, Tageblatt 9.5.95
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