Larousse: Le scandale !
Le grand éditeur Larousse a publié sous la direction de Yann Plougastel un fort volume de 874 pages consacré à "la chanson mondiale", – l'accent est bien mis sur "mondial".
Outre le fait que le livre est néanmoins plus axé sur la chanson française que sur la chanson mondiale, un compositeur comme Mikis Theodorakis, auteur de plus de mille (!) chansons, n'a même pas droit à une rubrique, mais figure seulement dans un bref chapitre de 87 lignes consacré à la Grèce qui est rédigé par Laetitia Cénac, journaliste à l'hebdomadaire Madame Figaro – ce qui est, semble-t-il déjà une qualification suffisante pour parler de la Grèce et de sa chanson ! On peut y lire sous sa plume ce qui suit:
"La chanson grecque ne se résume pas aux tavernes de Plaka, aux mélodies de Zorba le Grec ou de Jamais le dimanche, à deux pas de sirtaki et trois accords de bouzouki... simples clichés touristique. Méconnue au-delà de ses frontières, elle véhicule une tradition révolutionnaire. Mikis Theodorakis (compositeur né en 1925), qui a été arrêté, déporté et torturé pendant la dictature des colonels (1967-1974), disait à ses bourreaux: 'Vous avez des tanks, j'ai des chansons. Je suis plus fort que vous, parce que le temps use les tanks, tandis qu'il fortifie les chansons.' La chanson (et la danse qui va de pair avec elle) a toujours été dans ce pays – dont l'histoire se confond avec une série de luttes contre l'envahisseur étranger – à la fois l'affirmation d'une identité ethnique et l'opposition à un régime autoritaire. (Notre commentaire: Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas tout !).
(...) En 1960 éclate la querelle du rébétiko. Mikis Theodorakis et Manos Hadjidakis (disparu en 1994 comme sa chanteuse Melina Mercouri*) présentent des versions totalement opposées d''Epitaphios' (sur un poème de Yannis Ritsos), la première interprétée par Nana Mouskouri*, la seconde par Grigoris Bithikotsis. (Notre commentaire: Ici, l'auteur semble vouloir dire que Theodorakis et Hadjidakis aient tous les deux composé un 'Epitaphios', ce qui, évidemment, est faux et prête à confusion... ) Ce débat entre compositeurs (Notre commentaire: Ce n'était pas un débat entre compositeurs, mais entre les classes sociales de la population grecque, le point de départ d'une des rares révolutions culturelles réussies) a le mérite de réhabiliter le bouzouki, qui restera l'instrument d'accompagnement de toute chanson. (Notre commentaire: toute?... sic!). Pour la première fois le rébétiko sert un poème savant – on va mettre en musique les grands poètes: Ritsos, Elytis, Séféris, Varnalis, Livaditis, Cambanellis... Depuis, la vulgarisation de la poésie est une constante dans la chanson grecque." (Notre commentaire: vulgarisation?... sic!).
Et c'est tout ce que Madame et Larousse ont à dire sur les grands créateurs de la chanson grecque contemporaine et Mikis Theodorakis en particulier.
C'est comme si un dictionnaire du "lied" mondial n'avait pas davantage à écrire sur Franz Schubert.
Honte à un éditeur aussi prestigieux qui s'est ainsi disqualifié lui-même! G.W.
Le scandale "Larousse" continue!
Alors que les encyclopédies internationales accordent leur attention à Mikis Theodorakis, soit en lui consacrant des articles, soit en se référant à lui quand il s'agit de parler de la culture, de la musique et de la poésie grecques, "Larousse" n'a pas besoin de cela.
Ainsi, le "Petit Larousse illustré" - repris par Microsoft Bibliorom (où il y a p.ex. Theodora et Theodor Ier Lascaris, mais pas de Theodorakis dans l'index) - ne le mentionne pas parmi ses 58 900 noms communs, tandis que le dictateur Papadhopoulos y a droit à autant de lignes (6) que Papandhréou Gheorgios et Andhréas ensemble...
... Grotesque conception de l'information... G.W.
Ce n'est pourtant pas le cas pour d'autres encyclopédies électroniques
L'Encyclopédie Bordas
Theodorakis Mikis, né en 1925 à Chio, musicien grec. Ancien élève du Conservatoire d'Athènes et, à Paris, d'Olivier Messiaen, il a fait danser le sirtaki à Anthony Quinn dans Zorba le Grec (1964). Il a aussi écrit la partition des films de ses compatriotes Michel Cacoyannis (Électre, 1963; les Troyennes, 1969) et Costa Gavras (Z, 1968; État de siège, 1973). Militant de la démocratie, il a voué son talent à exalter par la musique, au cinéma comme au concert, la culture et l'âme grecques.
L'Encyclopédie Hachette Multimédia
Theodorakis (Mikis)
Compositeur et homme politique grec (Chio, 1925). Sa Chanson du capitaine Zacharias (1939) fut un des hymnes de la Résistance grecque. Il a écrit des œuvres instrumentales (Première Symphonie; les Amants de Teruel, ballet), de la musique de scène et de film (Zorba le Grec, 1965; Z, 1968), des oratorios (Canto general, sur des poèmes de P. Neruda) et des mélodies (sur des poèmes de Lorca, d'Eluard, etc.). Emprisonné en 1967 lors du coup d'État, il fut libéré trois ans plus tard et vécut un temps exilé en France (1970-1974).
L'Encyclopedia Universalis
Dans l'Encyclopedia Universalis, on se réfère à lui en parlant d'Odysseas Élytis: "L’œuvre d’Élytis, surréaliste modéré proche d’Eluard, alterne entre la beauté des Cyclades et les tragédies du peuple grec. Son Axion Estis (1960) est consacré par le compositeur Mikis Theodorakis (né en 1925), qui met ses vers en musique."
Microsoft Encarta 2000
L'encyclopédie électronique la plus vendue a - enfin! - dans sa nouvelle édition un bon article sur Mikis Theodorakis. Merci!
Theodorakis, Mikis (1925- ), compositeur grec.
Né à Chios (Grèce), Mikis Theodorakis étudie la musique au Conservatoire d'Athènes et écrit des chansons dès son adolescence. Résistant, il est torturé par la Gestapo en 1942 et l'une de ses chansons devient le chant des résistants grecs. Après la guerre, il reprend ses études de musique à Athènes, où il est diplômé en harmonie, contrepoint et fugue, et se rend à Paris en 1953, où il étudie l'analyse musicale avec Olivier Messiaen et la direction d'orchestre avec Eugène Bigot. Dimitri Chostakovitch lui décerne le premier prix du festival musical de Moscou en 1957. Theodorakis compose pour les ballets de Ludmilla Tchérina, Covent Garden (Antigone, 1959), le Royal Ballet et le Stuttgart Ballet. Il enregistre Epitafios (1960), un cycle de chansons sur des poèmes de Yannis Ritsos. Leader de la Jeunesse démocratique Lambrakis, mouvement de renaissance politique et culturelle grec, il compose Axion Esti (1960), pour deux barytons, récitant, chœur et orchestre et de nombreux autres cycles de chansons, dans un contexte de grande espérance jusqu'en 1967, puis en lutte contre la dictature jusqu'en 1974. Intéressé autant par la recherche musicale contemporaine que par la tradition folklorique de son pays et la musique sacrée byzantine, il est aussi un homme aux engagements idéologiques bien définis et progressistes?;ce qui le conduit à être plusieurs fois emprisonné pour raisons politiques entre 1967 et 1970.
Entre 1980 et 1986, il opère un retour à la musique symphonique, achevant notamment ses Troisième, Quatrième et Septième Symphonies (1980, 1986 et 1983). Il compose le Canto Olympico pour les jeux Olympiques de Barcelone et assure de 1992 à 1994 la direction des Orchestres symphoniques et des chœurs de la radio-télévision hellénique. Après son opéra Kostas Kariotakis (1985) et son opéra-ballet Zorbas (1988), il compose trois autres opéras mettant en scène les tragédies de Médée (1991), Électre (1995) et Antigone (1999).
Il mène parallèlement une carrière internationale de compositeur de musique de films. Ses premiers travaux sont souvent conçus pour des productions étrangères tournées en Grèce, tels les films de Michael Powell, Lune de miel (Honeymoon, 1955) et Intelligence Service (I'll Met By Moonlight, 1956), ou Phèdre (1962) de Jules Dassin. Il travaille également pour Raymond Rouleau (les Amants de Teruel, 1962), Jean-Daniel Pollet (Une balle au cœur, 1965) et Anatole Litvak (le Couteau dans la plaie, 1963). Sa notoriété dans ce domaine grandit grâce à sa collaboration aux films de Michel Cacoyannis, Électre (Electra, 1962) et surtout Zorba le Grec (Zorba, 1964), qui connaît un succès mondial. Mikis Theodorakis a également composé les partitions de Z (1968) et État de siège (1973) de Costa-Gavras, ainsi que de Serpico (1974) de Sidney Lumet.
« Theodorakis, Mikis », Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2000. © 1993-1999 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
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Theodorakis {Michael George, dit Mikis}
Compositeur grec (né à Chio en 1925 ).
Après des études au Conservatoire d'Athènes, il rejoint les rangs de la Résistance grecque durant l'occupation nazie. Arrêté pendant la guerre civile, placé en résidence surveillé, il vient à Paris en 1953 étudier la composition avec Olivier Messiaen. De retour en Grèce en 1961, il compose la musique de deux films de Michael Cacoyannis : Électre (1961) et Zorba le Grec (1964). Membre du parti communiste, Theodorakis est arrêté en 1967. Emprisonné, il compose la musique du film de Costa-Gavras , Z (1969), qui dénonce la dictature grecque et obtient une audience considérable. Libéré en 1970 grâce à la pression de l'opinion publique internationale,
il compose alors la partition de nouveaux films (Les Troyennes de Cacoyannis , 1971 ; État de siège de Costa-Gavras, 1973). Toujours actif en politique, il quitte toutefois les rangs de la gauche à la fin des années 1980 pour se faire le défenseur du libéralisme. Très populaire en Grèce, Theodorakis a également composé un opéra (Kostas Kariotakis , 1985), des ballets (les Amants de Teruel , 1958 ; Mythologie , 1976 ; Sept danses grecques , 1986), de la musique d'orchestre (dont sept symphonies), des œuvres vocales (Requiem , 1984 ; Canto olympico , 1991), ainsi que de nombreuses chansons. Il a également publié une volumineuse autobiographie (Les Chemins de l'archange , 1990). Il a été ministre d'État,
conseiller aux affaires nationales et culturelles (1990-1992)
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... et ne pas oublier:
L'Encyclopédie Libre sur Internet WICKIPEDIA lui consacre un article rédigé par nos soins.
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