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RÉSISTANCE PATRIOTIQUE EUROPÉENNE






Mikis Theodorakis - Photo: Pantelis Saitas





RÉSISTANCE PATRIOTIQUE EUROPÉENNE

Pour une Europe des « peuples-nations » et des patries
Une Europe de la science, de l’art et de la culture
Une Europe du développement économique, industriel et social
Une Europe de la paix et de la solidarité entre les peuples.

Aujourd’hui, la contradiction fondamentale est celle qui oppose l’ensemble des peuples d’Europe et les forces qui représentent et accentuent la domination mondiale de la gouvernance mondiale, dont le coeur est constitué d’une série d’énormes banques comme Rockefeller-Rothschild et Goldman Sachs, avec des succursales comme la Deutsche Bank et la Banque européenne, avec le Groupe Bilderberg comme « porte-parole du gouvernement » (avec Henry Kissinger comme président), des satellites comme le FMI et l’Organisation mondiale du commerce, et des organes comme l’École de Chicago (Friedman). [cf. les révélations de Naomi Klein dans son livre « La stratégie du choc »].

Ce nouveau totalitarisme a comme objectif la mondialisation, c’est-à-dire qu’il vise à édifier une société nouvelle de nature inconnue sur les décombres des États-nations-peuples.

Pour ce faire, il entend créer un citoyen d’un genre nouveau, soumis et docile vis-à-vis des projets et des efforts de la gouvernance mondiale, qui est contrôlée et dirigée par les intérêts des grands groupes et des banques internationales et sert ces intérêts.

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À l’heure actuelle, les responsables politiques des pays européens sont divisés en deux groupes : ceux qui connaissent cette nouvelle réalité et sont volontairement au service de la nouvelle gouvernance mondiale, ceux qui ne connaissent pas cette nouvelle réalité et coopèrent, au sein du processus politique, fut-ce en tant qu'opposition, avec les premiers, les serviteurs délibérés du nouveau totalitarisme. Ainsi, les dirigeants politiques actuels de tous les partis, droite, centre, gauche, les verts, etc., sont à bord du même train du pouvoir politique, sur des rails contrôlés par la gouvernance mondiale, qui mènent à la mort des « peuples-nations » et à leur remplacement par une nouvelle société internationale, entièrement inféodée aux intérêts et au diktat de la gouvernance mondiale.

C’est pourquoi les parlements actuels, actuellement contrôlés par le FMI et l’Europe des banques, se sont transformés en organes du nouveau totalitarisme. Il n’y a donc aucune résistance à attendre de la part de ces systèmes de pouvoir. Les forces qui veulent s’opposer dans ces nouvelles circonstances doivent centrer leur action sur une présence physique au sein
du peuple.

À la lumière de l’expérience que mon pays a tirée de la présence de la troïka ces deux dernières années et demi, force est de constater qu’un contrôle étranger sur l’économie et le gouvernement nous impose les conditions d’une occupation étrangère. C’est pourquoi la résistance du peuple doit prendre les formes d’une lutte de libération. Notre arme est la résistance active du peuple uni, la clé de notre action est donc l’unité patriotique du peuple.

Comme c’est maintenant le peuple, dans son ensemble, qui est affecté, la forme de l’unité doit transcender les différences de classe, idéologiques et politiques : autrement dit, elle doit être national-patriotique.

Quand un peuple ne mobilise pas toutes ses forces, sans exception aucune, face à la tornade des forces de la mondialisation, il est perdu.

En effet, l’attaque, dont l’argent est l’arme, est bien plus violente et efficace que toute forme de force policière ou militaire. C’est une attaque contre le citoyen dans son intégralité, contre l'intégrité, non seulement de son corps, mais aussi de son esprit et de son âme. Comme lors des expériences de Cameron, que décrit Naomi Klein, où cinquante électrochocs effaçaient du cerveau la mémoire et, avec elle, la personnalité. Par le choc du chômage, de la
misère et de la peur, l’argent annihile l’individualité et la personnalité du citoyen et détruit le tissu social qui constitue la forme et le contenu de l’« État-nation-peuple ».

Il est donc nécessaire que chaque peuple réussisse à mobiliser l’ensemble des forces à sa disposition : la tradition, l’histoire, les sciences, l’art, la culture, la richesse nationale et le potentiel de développement. Ainsi, le mouvement national-patriotique sera en position de force pour résister, isoler les forces qui servent le nouveau totalitarisme ou persistent à ignorer le danger qu’il représente. Il pourra approfondir l’union du peuple et conduire vers un niveau
toujours plus élevé de force et de détermination, tout en renforçant le modèle d’une nouvelle société dans le cadre d’une patrie entièrement libérée.

La création d’un front uni de résistance des peuples d’Europe entraînerait
naturellement la défaite totale des forces de l’invasion destructrice et la création d’une Europe des peuples, de la paix et du progrès. Cette Europe aurait une force et un rayonnement tels qu’elle pourrait jouer un rôle de chef de file au niveau international.

Athènes, septembre 2012

Mikis Theodorakis