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THEODORAKIS: DISSOLVEZ L'OTAN! MAINTENANT!






DISSOLVEZ L'OTAN! MAINTENANT!

Je ne sais pas comment le mot «OTAN» résonne aux oreilles d'autres peuples européens, mais aux oreilles du peuple grec, il ressemble à une malédiction.



En effet, il signifie l'intervention étrangère, la guerre civile, la destruction nationale, l'Etat policier, la dictature et une hémorragie nationale provoquée par les dépenses massives que l'alliance atlantique nous a imposée aux dépens de notre propre développement économique et de notre prospérité.

Dans son essence, l'OTAN, particulièrement après l'effondrement de l'Union Soviétique et la dissolution du Pacte de Varsovie, n'a été rien d’autre qu'un instrument de mise au pas dans les mains de la politique impérialiste américaine et elle est responsable de milliers de victimes humaines et d’innombrables désastres visant des innocents dans les Balkans, en Afghanistan, en Irak et à Gaza. Une machine de guerre qui persiste à diviser le monde en bonnes et en mauvaises zones et en des personnes de catégories A et B, en utilisant comme arme le rallumage des feux de la haine et de la discorde.

Aujourd'hui, avec la crise économique profonde qui est en train de plonger la superpuissance et ses satellites rapidement dans le chaos, il devient ridicule et dangereux de préserver ce mécanisme colossal qui dévore des milliards d'euros au nom d'un système social et économique qui se trouve dans un état d'effondrement total. Comment est-il alors possible, que ces soi-disant peuples «supérieurs» composant l'OTAN continuent à affirmer qu'ils représentent le monde libre et soi-disant «plus évolué» ayant le droit de punir les peuples «inférieurs», afin de leur imposer leur système? Et quel système donc? Celui de l'exploitation et de la glorification sauvages de l'Argent qui condamne ces derniers à être aujourd'hui des masses de chômeurs et demain des masses d’ouvriers affamés et miséreux?

Cependant, ce ne sont pas seulement les chefs, les élites dirigeantes et les politiciens, ainsi que les généraux qui les soutiennent qui doivent être blâmés. C'est également la faute à ceux qui les tolèrent. Où sont les syndicats? Où est la jeunesse ardente? Où sont les masses d’ouvriers, pour qui l'heure de la grande épreuve a déjà sonné? Et comment une Europe de 300 millions de personnes a-t-elle permis à une poignée de politiciens et de militaires de dépenser des milliards d'euros au nom de la soi-disant liberté et des droits de l'homme, quand cette grande crise attaque leurs propres pays et que la seule liberté qui leur reste est la liberté au chômage, au sous-développement, et demain, à la pauvreté.

Ainsi, ce n’est pas seulement immoral pour nous de considérer encore l'OTAN comme une force pour la liberté et la justice, mais c'est désastreux pour l'économie de l'Europe. Qu'on pense seulement combien de milliers d’emplois pourraient être assurés avec cette mine d’or qui est maintenant utilisée pour des guerres, la destruction et le massacre de civils.

Voilà pourquoi le temps des paroles est révolu et que c'est une nécessité historique d’entrer dans le temps de l’action, avec, comme mot d'ordre, la dissolution de l'OTAN, qui, au-delà de toute autre chose, a comme instrument aveugle des militaires du Pentagone et de la politique américaine, pour mission de ne pas tolérer que l'Europe marche debout. Une Europe qui appartient à ses peuples et non aux généraux américains et de l'OTAN.


Athènes, le 30 mars 2009
Mikis Theodorakis

Traduction: Guy Wagner