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APRES L'ASSASSINAT D'ALEXANDROS GRIGOROPOULOS, 15 ANS





Emeutes à Athènes (Photo AP)
L'assassinat, samedi, le 6, par les balles de policier d'un jeune homme de quinze ans, Alexandros Grigoropoulos, dont la mort a été le catalyseur des troubles civils les plus graves qu'ait connus la Grèce depuis plusieurs décennies, a ému Mikis Theodorakis au point qu'il a pris position publiquement.




Voici sa

DECLARATION PUBLIQUE

Derrière la main de l’assassin qui a commis ce crime monstrueux qui nous a tous bouleversés, se cachent les véritables instigateurs moraux, c´est-à-dire l’ensemble de la société grecque qui tolère depuis des années l’élevage et le gigantisme déraisonnables de situations criminelles émanant de centres obscurs, mais bien visibles par tous.

Si certains dirigeants et formateurs d´opinion publique autoproclamés souhaitent se ridiculiser en premier lieu eux-mêmes et ensuite tous ensemble le peuple grec, soit par peur, soit par calcul, soit pour des motifs inavoués, qu’ils le fassent. Mais moi je dirai la vérité exactement comme je la vois et comme je crois que l'écrasante majorité de notre peuple la voit.

Arrêtez maintenant ce jeu sale et dangereux avec des encagoulés et avec les forces de l'ordre public dénommées MAT qui n’offrent que sang, larmes et destructions à notre peuple. Les conditions objectives, notamment par rapport à tout ce que nous avons vécu et connu dans un passé récent, ne justifient en rien cette situation. Tout ceci donne l'impression comme si nous voulions nous aveugler nous-mêmes.

Le temps est arrivé que le peuple prenne la parole.

Athènes, le 7.12.2008

Mikis Theodorakis

Traduction: Costas Calfelis

Note: Les MAT sont la parallèle grecque aux CRS en France