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04.11.05: Remise du Prix CIM-UNESCO à Theodorakis





Theodorakis signe le Livre d'or de la Ville
Alors que pour fêter les 80 ans de Mikis Theodorakis, les cérémonies se sont suivies pendant tout l’été, particulièrement en Grèce, en Crète et à Chypre, on aurait pu croire que les mois suivants seraient plus calmes. Il n’en a rien été: novembre a encore été riche en événements.

Le principal a sans doute été la remise à Aix-la-Chapelle du Prix „CIM-UNESCO“, le „Nobel de la Musique“.


La plus haute distinction musicale


Sélectionné par un jury international comme unique lauréat parmi 40 musiciens de renom, Theodorakis, malgré les difficultés qu’il a maintenant à se déplacer, suite à son grand âge, mais surtout aux sévices qu’il a subis durant sa vie, est venu en personne à Aix-la-Chapelle, où Jürgen Linden, le maire de la Ville, l’a salué au Centre Eurogress, affichant complet, comme une des „plus grandes personnalités musicales au monde“.

Il faut dire malheureusement que les deux autres discours, celui d’Indrasen Vencatachellum, directeur adjoint de l’UNESCO, et de Peter Rantasa, vice-président du CIM, ont curieusement manqué de niveau et se sont limités à relever les mérites civiques de Theodorakis, au lieu de mettre en évidence ses qualités de compositeur.

Les paroles de remerciement de Theodorakis avaient une bien autre teneur: „Un homme ne peut pas défendre la liberté et les valeurs humains sans être en même temps digne de l’Art. Mais il ne suffit pas qu’il assimile l’art hérité et traditionnel. Comme organisme spirituel vivant il aspire à un art vivant qui l’exprime, qui le touche et qui l’inspire. Un art qui lui est „propre“, qui englobe aussi toutes les traditions qui résonnent en lui. Car n’oublions pas qu’il n’existe pas de pays sans ces merveilleuses traditions dans tous les domaines de l’art et en particulier de la musique.“
Ovation debout … Il y en eut cinq, ce soir-là.


Un riche éventail expressif



Triomphe pour Maria Farantouri - Photos: Guy Wagner
Suivait un beau concert de l’Orchestre Symphonique d’Aix-la-Chapelle sous la direction compétente et avisée de Marcus R. Bosch. Débutant avec la „Rhapsodie pour violoncelle et orchestre“, la dernière œuvre symphonique du compositeur, il en a dégagé la densité et la force expressive, grâce à la parfaite complicité et le grand savoir-faire du jeune violoncelliste Johannes Moser. Le dialogue ininterrompu entre l’orchestre et le violoncelle, l'instrument que Theodorakis affectionne, a été émouvant.

La surprise de la soirée a été la suite de ballet pour „Les Amants de Teruel“: un coup de maître de Theodorakis, jeune compositeur de 33 ans! Il y passe d’un extrême à l’autre, en combinant des sonorités et rythmes ibériques avec ces émouvantes mélodies dont il a le secret. Il crée d’impressionnants blocs sonores et des moments aux limites de la tonalité. Cette riche musique était très bien rendue, le chef sachant guider intelligemment ses musiciens à travers les embûches de la partition complexe et raffinée.

Triomphe ensuite pour Maria Farantouri avec trois des chansons de „Poetica“, finement orchestrées par Henning Schmiedt qui assumait la partie de piano, tandis que l’orchestre gardait une belle discrétion et permettait à la chanteuse de donner toute la mesure de son expressivité plus intense que jamais. La réalisation du „Suicide d’un mois de réserve“ a été si forte qu’elle a dû être reprise en fin de concert, après le triomphe de la danse finale du ballet „Zorba“.


© Ariel et Guy Wagner

Photos de la remise du Prix



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