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Document: Eugène Bigot, professeur de Mikis Theodorakis




Eugène BIGOT (1888-1965)



Eugène Bigot en 1957


Chef d'orchestre & compositeur français


* 28 février 1888 : naissance à Rennes, d’un père magistrat et d’une mère institutrice.

1895-1905 : études musicales au Conservatoire de Rennes (solfège, piano, violon, harmonie ; remporte médailles et 1ers prix).

1902 : commence à faire des remplacements au Théâtre de Rennes & participe à des saisons musicales estivales sur la côte bretonne.

1905-1914 : poursuit ses études au Conservatoire de Paris, dans les classes d’Histoire de la Musique, et d’alto (1er prix en 1907) ; sur l’avis du Directeur, Gabriel Fauré, il est admis d’office dans les classes d’écriture : harmonie chez Xavier-Leroux (1er accessit en 1908, 2nd prix en 1910), contrepoint chez André Gédalge (1er accessit en 1912), fugue et composition chez Paul Vidal (2nd prix en 1914) ; il s’initie parallèlement à quantité d’autres instruments. Joue dans théâtres et brasseries.

1909-1911 : service militaire (Ecole d’artillerie de Versailles) ; se perfectionne dans la pratique du cor et du trombone. Passe le concours de Sous-Chef de Musique ; altiste remplaçant à l’Opéra et à l’Opéra-Comique.

Janvier 1913 : Chef des Chœurs de la saison inaugurale du Théâtre des Champs-Élysées.

Décembre 1913-juillet 1914 : timbalier au Théâtre Mogador à Paris, ainsi que Sous-directeur de l’Association Chorale Professionnelle de Paris.

Août 1914-juillet 1919 : sur le front, dans une unité combattante ; sous-officier au 270e régiment d’Infanterie (Croix de Guerre avec 2 citations).

Septembre 1919-mars 1920 : altiste aux Concerts Pasdeloup, où à l’occasion il « dépanne » en prenant la baguette. Chef-adjoint de l’Association des Concerts Ignace Pleyel.

Avril 1920-août 1923 : chef d’orchestre des Ballets Suédois de Rolf de Maré aux côtés d’Inghelbrecht avec qui il parcourt les principaux pays d’Europe.

Septembre 1923 : nommé sur concours Chef Adjoint de Gaubert à la Société des Concerts du Conservatoire ; y restera jusqu’à la suppression du poste, en mai 1925.

Avril 1925 : Directeur de la Musique et Premier Chef d’orchestre de l’Opéra-Music-Hall au Théâtre des Champs-Élysées, jusqu’à la fermeture en juin 1927. Dirige les Concerts Straram comme chef invité.

Septembre 1927 : chef d’orchestre au Poste Radiophonique du Petit Parisien, premier embryon de la radio ; y reste jusqu’en avril 1928. Commence à diriger l’Orchestre Symphonique de Paris de Pierre Monteux.

Mai 1928-avril 1934 : nommé chef d’orchestre du poste de Radio-Paris par André Messager, directeur artistique de la Compagnie Française de Radiophonie, véritable ancêtre de la radio nationale ; ses fonctions de « responsable des émissions symphoniques & lyriques » lui sont confirmées à la création effective de la Radiodiffusion Française ; se fait aussi entendre régulièrement sur les ondes des divers autres postes (Paris-PTT, Radio-Coloniale, Paris-Tour-Eiffel ou Paris-Mondial). Le nom d’Eugène Bigot est désormais définitivement associé à la Radio et aux concerts radiodiffusés.

Songe un temps, à la demande pressante d’Henri Rabaud, à partir pour les Etats-Unis afin de prendre la direction de l’Orchestre Symphonique de San Francisco.

Janvier-février 1934 : inaugure la Saison Lyrique Française de l’Opéra de Monte-Carlo.

1934 : participe au difficile recrutement des musiciens du nouvel Orchestre National (qu’il dirigera régulièrement jusqu’en 1964)

1934-1935 : partage avec Fourestier, Munch, Freitas-Branco & Morel la saison Lamoureux.

Septembre 1935-mai 1950 : Président-Chef d’orchestre de l’Association des Concerts Lamoureux.

Septembre 1936-août 1939, puis août 1940-septembre 1947 : Premier Chef d’orchestre du Théâtre National de l’Opéra-Comique à Paris.

Septembre 1937-septembre 1944 : chef d’orchestre à la Radio, et notamment lors du repli de celle-ci à Rennes (septembre 1939 à août 1940) en qualité de Premier Chef du Poste de Rennes-Bretagne.

Octobre 1947-1965 : participe activement à la réorganisation des orchestres de la Radio ; préside en qualité de Premier Chef aux destinées du nouvel Orchestre Radio-Symphonique de Paris, plus tard rebaptisé Orchestre Radio-Symphonique de la RTF, puis Orchestre Philharmonique de la RTF, et enfin de l’ORTF. A la tête de cette formation, mais également avec l’Orchestre Radio-Lyrique (de Jules Gressier) et l’Orchestre de Chambre (de Pierre Capdevielle), il enregistre un nombre considérable d’œuvres de musique française méconnues ou nouvelles, notamment pour les radios étrangères.

Octobre 1946-juin 1957 : après avoir d’abord remplacé Louis Fourestier au Conservatoire de Paris, y est nommé Professeur chargé du cours de Direction d’orchestre de la Section Spéciale Etrangère créée par Delvincourt. Se voit confier un cours de direction à l’Ecole Supérieure de Musique de Paris

C'est ainsi qu'il est devenu le professeur de Mikis Theodorakis à partir de 1954 .

1945-1963 : réalise de nombreuses émissions au pupitre des orchestres des stations périphériques de la radio ; dirige fréquemment, dans de grandes villes de province et d’Europe, le répertoire symphonique et lyrique, et anime les saisons lyriques françaises des Théâtres de Genève, Barcelone, Amsterdam, Bâle, etc.

1958-1964 : préside le Concours International de Jeunes Chefs d’orchestre du Festival de Besançon ; son plus célèbre lauréat, en 1959 : Seiji Ozawa (qu’il continuera à conseiller pendant deux ans).

1959-1960 : chargé du Cours de Direction d’orchestre à l’Académie Internationale d’Eté de Musique de Nice.

Juillet 1962 : donne conférences et cours de direction à Aix-en-Provence, en marge du Festival.

30 décembre 1964 : enregistre sa dernière émission pour la Radio.

S’éteint à Paris, le 17 juillet 1965.

Il était Officier de la Légion d’honneur et des Arts & Lettres.

Eugène Bigot a composé de nombreuses pièces de musique de chambre, musique symphonique, musique de scène, musique de ballet ou musique instrumentale (notamment pour les concours du Conservatoire). Il grava des centaines de 78 tours, mais seulement quatre microsillons. Laisse des centaines de concerts, qui dorment dans les archives de l’INA…


Document et photo transmus par son fils, M. Jean-Pierre Bigot

Biographie détaillée et illustrée