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07.11.04: FYROM, Chypre, Turquie - Texte intégral





Photo récente (Guy Wagner)
Le geste inopiné des USA vis-à-vis de Skopje, avec sa pointe de lance anti-grecque, devrait être compris comme un 'glas prémonitoire' qui nous appelle à la vigilance et à la réflexion.

Il est clair que la Grèce, les Grecs, l’Hellénisme tout entier entrent dans une période difficile, critique et dangereuse qui ne laisse pas de marge pour des controverses politiciennes insignifiantes. Car ce n’est qu’unis et déterminés autour de l’acceptation commune d’une politique nationale que nous pourrons faire face aux difficultés qui nous attendent et en sortir vainqueurs.

Qu’il me soit permit d’exposer mon opinion pour quelques problèmes immédiats.

Primo: Il faudra tout d’abord montrer aux peuples de Skopje et d’Albanie que leurs intérêts reposent sur de bonnes relations avec notre pays. La réalité le prouve déjà: il suffit de voir la contribution de la Grèce au développement économique de ces pays.
En ce qui concerne Skopje, il faudra souligner, je pense, que l’élément qui nous fait nous élever et nous dresser comme un seul homme contre la dénomination: “République de Macédoine”, n’est naturellement pas dans les mots, mais dans ce que certaines factions signalent visiblement derrière ces mots, à savoir, des exigences irrédentistes contre l'intégrité territoriale de notre pays.
Ceci est quelque chose qui malheureusement n'a pas été rendu suffisamment notoire, avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui. Il est, par conséquent, temps de crier de manière retentissante dans toutes les directions, et principalement vers Skopje même, afin qu'il n'y ait aucune illusion en ce qui concerne notre position future -- et celle-ci sera dans chaque circonstance ce qu'elle a été toutes les fois que notre intégrité nationale a été confrontée à des dangers.

Deuxiemement: Nos principaux alliés dans la nouvelle période historique difficile doivent être l’Europe, le Monde arabe, la Russie et les Balkans. Des choses qui vont de soi pour d’autres, dont pourtant la signification doit être analysée, afin que le peuple et le monde politique soient rassemblés derrière ces politiques par une acceptation commune, indépendamment des réserves particulières de l’un ou de l’autre. Nous devons regarder de façon claire l'actuelle et future corrélation entre les pouvoirs, où il apparaît que notre pays, et Chypre avec lui, est la cible de la superpuissance. Naturellement, personne ne peut prévoir ce que l’autre attend de nous. Mais ce que nous pouvons et nous devons faire, c’est, comme je l’ai dit, d’être, d’un côté, unis et déterminés et, de l’autre, de nous appuyer sur de bonnes et fortes alliances.

Troisièmement: En ce qui concerne la Turquie, je continue de croire que les problèmes domestiques de la Turquie ne sont pas résolus définitivement. Et il est naturel qu’il y existe de puissantes forces qui ne sont pas d’accord avec cette politique des relations pacifiques avec la Grèce et sont décidés à les anéantir. Une de leurs armes principales est –- semble-t-il –- la tension dans la Mer Egée et les provocations continues, avec l’espoir d’une implication “chaude” qui ferait voler en éclats les efforts de la majorité écrasante des Grecs et des Turcs: les conséquences seraient imprévisibles. Aussi, la coexistence pacifique entre les deux peuples est-elle la seule voie valable. Toute autre orientation serait réellement catastrophique.


Athènes 7.11.2004

Mikis Theodorakis









Traduction française: © Héraclès Galanakis & Guy Wagner



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