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Phaedra - Poèmes




I.
UN JOUR QU’IL FERA FROID

Un jour qu’il fera froid
tu reviendras
à la porte tu ne frapperas pas
mais à la vitre

Tu porteras les mêmes habits qu'à cette époque-là
les mains dans les poches
comme toujours, comme toujours tu riras.
Tu ne parleras pas, tu ne parleras pas
comme toujours
tu ne parleras pas.

Tu es parti sous la pluie et le froid
dans le froid et la bise de nouveau tu reviendras
Je te dirai "Enlève ta veste, elle est mouillée"
tu ouvriras ta nouvelle marque de cigarettes
Je te dirai "Les allumettes sont à côté de toi"
et tu fumeras.


II.
MES DRAPS ONT PLEURÉ AUJOURD’HUI

Quand tu m’as quittée
Et que je n’ai plus rien à quoi me tenir
Quand même les amis m’abandonnent un à un.
Et cette nuit où je pense devoir étouffer.
Combien d’amours seront restés dans ce monde –
Et le tien, dans quel regard je le trouverai?

Mes draps ont pleuré aujourd’hui.
Et l’obscurité ruisselle des vitres.
Prends ta guitare, gratte-la un peu
Pour cet oiseau-là dans sa solitude.

Ne pleure pas dans tes rêves, suffit
Dis que tu veux rester seul.
Tu as fait se briser tes rêves
A part ceux dans lesquels tu trouves un commencement.

Adaptation: Guy Wagner


VII.
INEVITABLE

Tu n'écoutes plus mon soupir
tu penses que c'est la nuit qui gémit
j'asperge tes vêtements d'eau bénite
je me dis, la tempête ne peut que passer.

De notre maison personne ne passe
ni les amis ni les voisins
tout s'est arrêté et toi tu penses
que dans la vie seuls nous sommes restés.

Maintenant, ton coeur ressemble à un petit café
aux fenêtres fermées
d' une rue déserte.
Comme si un guerre avait subitement éclaté
on m'a arraché chaude
ayant encore au cou les marques de ton étreinte.


© Angeliki Eleftheriou - Traduction in: Programme Tournée mondiale '86 (Pas de nom de traducteur)



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