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Dionysos - Poèmes




III.

UNE PRISON

Une prison
ma vie une prison
sans peine
sans juge
ma vie une prison

A Macriyianni - avant que tu puisses parler
la balle d'un Anglais - t'a mis à genoux
Tu nous regardais - d'un regard mélancolique
on aurait dit que tu pensais - que la journée avait été trop courte

Sur les places - un par un assis
tu as scellé
la solitude de notre destin
d'un regard meiancholique


IV a. LE FRIGO

Ne pose pas de questions,
coeur ne t'agite pas amertures et histoires
sont finies pour nous.

Sur ton cadran de téléphone
tous les numéros appartiennent
à une vie morte.

Si tu as des yeux qui voient
un coeur qui s'attendrit
dis-moi, comment tu peux supporter
une telle vie sans pleurer.

Tous ceux qui ont aimé s'étendent morts
tous ceux qui se sont inclinés sont chefs

Ouvre le réfrigérateur
mets toi dedans
pour rester frais, pour te conserver.


IV b. L'OURS

Il m’ont mis une chaîne au cou,
Je suis l’ours qui entame la danse des gitans.

Ils ont fait mon dressage dans les stades
pour adresser mon salut aux foules enragées.

Ils m’ont mis avec des singes,
pour rendre hommage aux foules enragées.

Des anges muets entrent dans ma prison,
la fin est là, mais non encore le commencement.

Adaptation: Guy Wagner


V. LE 10 DECEMBRE

Ils disent au revoir
à l'enfant
dans la gelée.
Il a les mains
sur sa poitrine
croisées
il n'a pas de nom
il n'a pas de famille
il avait sa jeunesse
au printemps vouée.

Le 10 Décembre
un cortège fantastique
garçons et filles
tués
passent au printemps
heureux
et le printemps couvre
de fleurs
des corps ideals
fraternels.

Comme je regarde
le garçon pâle
il commence, je me dis,
un voyage
différent
pour nous qui avons vaicu
en ce temps-là
et toutes nos croyances
sont restées enterrées.


VIII a. BELLES MONTAGNES

Mes belles montagnes violettes - habillées en nuages
pourquoi me regardez-vous sérieuses -l ourdes et tristes
je prends seul maintenant - le chemin de la vie
si bien que tu cherches tu ne trouveras pas - combien la douleur fait mal
et vous, jeunes solitaires - vous ne regardez pas le monde
vous avancez seuls - dans votre galerie secrète


VIII b. LE VOYAGE

Une enjambée de Petralona à Thissio
deux enjambées de Sygrou à Kessariani
Au fond des archives de mes souvenirs
le dimanche est toujours nuageux
Ne me regarde pas avec des yeux tristes
dans mon coeur je tiens bien cachés
tous nos rêves disparus.

De bon matin je me promènerai
j'irai loin
à mes amis dire au revoir
je me délasserai avant le soir
A mon voyage lointain
quand je serai resté seul avec la mort
je fumerai ma dernière cigarette.


© Mikis Theodorakis - Traduction in: Programme Tournée mondiale '86 (Pas de nom de traducteur)



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© Guy Wagner - FILIKI 1996-2009