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Vous êtes ici : Œuvres Cycles de chansons (1974-2005)

Lyricotera / Poetica - Poèmes




Douleur claire

Comment supportes-tu cela, tu traverses le rêve
en inhalant des coups de vent inutiles?
Tu ne crains donc pas la nuit des anges,
tu ne connais donc pas le langage de la pluie.
Sinon, tu fermerais la bouche dans ta prière,
entendrais le chant secret de mon coeur.

Comment tiens-tu le coup, tu traverses le rêve
croyant en des lunes injustes?
Ne te rappelant pas comme tu rayonnes dans le tourbillon de mon temps
n'oubliant pas la mer à l'heure du vent du Nord.
Tu conduis de nouveau ta danse légère,
te coules comme un éclair qui de plus me vole la lumière.


Des anges sanglotants

As-tu entendu les sanglots des anges
lundi matin
au bord de mon coeur?
Ils pleuraient le dimanche
écoulé sans avoir jamais vraiment été
en des nuits passées en dansant,
se promenant les ailes vides
à ta fenêtre fermée.

Tu es entrée, en secret, dans la nuit
dans un bateau emprunté
par des années pleines de tempêtes.
Je trouve ainsi l'occasion
d'offrir l'ange,
je viendrai dans une obscurité transparente
plein de la vérité de petits oiseaux
à ta fenêtre fermée.


Pause-lumière

Tes yeux des gouttes d'or –
tantôt usés par une nuit verte
tantôt lançant des étincelles
à des dieux inutiles.
Celui qui cherche tes larmes
imite peut-être le rythme amer de l'amour.

Ton ombre, des oiseaux de mer –
tantôt se mesurant sur un rocher sombre
tantôt battant des ailes au-dessus d'îles rouges.
Celui qui écrit tes larmes
imite peut-être l'âpreté amère de l'amour.


Juillet

Dans quel silence peux-tu bien vivre?
C'est juillet qui fait pourrir les mots,
et dans la lumière vide notre corps se rétrécit.
Je grimpai sur un arbre du ciel
pour raconter aux oiseaux un conte sur toi
pour croire encore plus à mon isolement.

Dans quel silence peux-tu bien vivre?
C'est juillet, ivre de Grèce,
qui danse sur une jambe notre douleur.
De là-haut dans le ciel où tu es montée
tes yeux lanceront des éclairs droit dans mon coeur
et tu croiras plus encore à ma solitude.


Avec la force serrée de l'océan

J'apprends la musique de ton pas
et le jour orgueilleux de ton regard.
Chanson, tu passes, lune, tu contemples
et t'éloignes toujours avec la force serrée de l'océan.

Je viens avec des contes pour ton anniversaire
à midi, dehors, dans l'air qui est à toi.
Je viendrai avec le soleil, avec mars
et tu tricoteras une haute vague, pour que je périsse.


Nostalgie

Aux jours qui viennent
je prête des visages d'îles.
Mon amour sanctifié
au nom de mon coeur
pour que tu sois la renaissance du monde
et avant tout la mort.

Les nuits qui passent
tirent des traits rouges.
Mon amour sanctifié
au nom de mon coeur
pour que tu sois la renaissance du monde
et avant tout la mort.


Présent obstiné

Ma joie appartient à l'espoir
et la mort à l'histoire.
Tu navigues, être crépusculaire, Tyrannos.
Assieds-toi pour écouter la mer:
les timbales des étoiles annoncent des secrets
et les algues cosmiques résonnent d'orages anciens.
Entre des coquilles bat mon coeur.

Mon âme souffre dans les chansons
mon corps dans ta beauté.
Tu navigues, être crépusculaire, Tyrannos.
Apprends à entendre la mort:
raconte des passions qui lassent le coeur
et des vagues cachées qui rejetteront des lunes bienveillantes.
Entre les rêves notre vie se contracte.


Arbres d'eau

Bien des lunes vont faner
avant que la mer ne retourne au Logos
et que le rocher ne brille dans la fente du coeur;
avant que tu ne ceignes ton corps de la vague
et que tu n'offres le miel de tes yeux
aux échoués et aux bannis.

Bien des lunes vont faner
avant que la nuit ne m'apprenne la chanson
et que le mythe ne devienne tendre propos;
avant que tu ne manques à ton serment prêté au destin
et que tu ne brilles du bord de ton âme
aux échoués et aux bannis.


Suicide d'un mois réserviste

Août, le réserviste s'est suicidé
au soir même de l'amour.
Une mer-orchestre accompagna son âme
au ciel inférieur des lunes perdues
Et les mois d'automne nouvellement recrutés
prêtent serment sur la constitution de la nuit
en position de prière:
Béni soit l'amour, béni soit le désir,
bénie soit la mort, pitié de nous.
Les sentiments éclatent en rouge
mon amour disparut entre les étoiles.


Comme un nuage

Peu à peu, tu dis ce que tu as décidé
et poursuis ton chemin - un nuage parmi les étoiles
qui attendent la lune.
Mon profond silence
sais-tu le lire dans l'obscurité?
Dans les flots, tu jettes mon coeur
qui pourfend ce qu’on aime.

Peu à peu, tu dis ce que tu as décidé
et pars – vidant les nuages, les vents
dans des étés qui sont déjà passés.
Dans mon silence mouillé
m'entends-tu, qui te désire en secret?
Le soir, tu relies les rivières aux rivières,
et tu allumes la lumière qui m'isole.


Traduit de l'allemand par © Ariel Wagner-Parker



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