Le chemin de la lune
Séparant la mer en deux, la lune monte
et voyage avec le petit vent du Nord
qui couche dans tes cheveux.
Et quand elle descend vers ta dernière fraîcheur
elle bouge et pénètre dans tes pots de fleurs
jusqu'à ce que les eaux montent
et que tu languisses vers moi.
Séparant la mer en deux, la lune monte
et attend que tu réapparaisses
dans le jardin, avec les étoiles.
Et quand tu fleuris, jasmin, et remplis mon coeur de parfum,
la lune glisse dans ta bouche
jusqu'à ce que tu la chauffes de tes baisers
et que tu me serres contre toi.
Les mots du ciel
Dis-moi les mots du ciel
et je te donnerai le baiser de l'amour.
Reste là, nue comme la mer
et laisse-moi regarder tes yeux
dans lesquels je rêve.
Dois-je m'envoler comme la colombe,
partir en voyage avec ton souvenir,
depuis les nuages,
depuis les demi-mers d'argent.
Dis-moi les mots du coeur
et j'aurai des ailes pour voler comme dans un rêve.
Reste là, nue comme la mer
et laisse-moi regarder tes yeux
dans lesquels je rêve.
Dois-je m'envoler comme la colombe,
partir en voyage avec ton souvenir,
depuis les nuages,
depuis les demi-mers d'argent.
J'ai sauvegardé le rêve
Entre les doigts de tes mains, j'ai sauvegardé le rêve
de te chanter le cantique de l'amour, comme si j'étais un ange,
pour qu'on souffre de nouveau, comme des enfants.
Du ciel je t'amène l'obscurité et la lumière
mon silence et mes paroles.
Entre les doigts de tes mains, j'ai sauvegardé le rêve
d'ailes, qu'on glisse doucement dans un coup de vent
pour qu'on vole de nouveau, comme des enfants.
Du ciel je t'amène l'obscurité et la lumière
mon silence et mes paroles.
Avec une demi-lune
Avec une demi-lune, je me mets la nuit
de l'autre côté de ton corps,
découvre la splendeur de tes paysages marins;
pour cela elles viennent dans mon royaume, les hirondelles
de la nuit; pour cela elles cherchent tes aisselles
et ouvrent le matin le ciel
afin d'apprendre
ce que sont pour elles tes yeux
et de faire leur nid devant ta fenêtre.
Visages du soleil
Je voulais voir des visages, des visages du soleil
sous mes talons dans la mer.
Un grand vent se leva
et brisa le soleil en mille morceaux d'or,
mes pieds – des plaies rouges.
Avant que je ne connaisse les eaux
je m'étais perdu,
avant que je ne trouve mon ombre
les jours s’écoulaient.
Je voulais trouver des visages, des visages du soleil
sous mes talons dans la mer.
Alors le méchant dieu des grands fonds se mit en colère
et noya le soleil dans des puits profonds
et des flots qui tranchaient des joies lapidaires.
Avant que je ne devienne ciel
le conte était fracassé,
avant que je ne brille comme nuage
je t’avais perdue toi aussi.
La mer à midi
La mer à midi pénètre plus loin dans les rêves
et les voix d'oiseaux chantent dans mon imagination.
Plus loin, la vallée avec les habits des filles nues;
les algues chuchotent, les pierres grincent;
de leurs bateaux les hommes apportent une belle musique
et de leurs plaies cachées les femmes.
La mer à midi connaît mieux Eros
et les dieux marins demandent après mon amour.
Au loin, le filet avec les gars qui rêvent de caresses.
Les algues murmurent, les pierres grincent;
elles chantent des merveilles, les mouettes, et viennent de petites îles
et de leurs grottes secrètes les filles.
Couleur de l'amour
Tu dois venir ici où tu veilles la nuit.
Notre maison est cet espace, l'antique,
et mes douces paroles sont la beauté de ce monde.
Une pluie tombe qui me transforme en nuit.
Ma douleur est ce coucher de soleil de plus en plus profond
et la chanson, ce qui lie les voeux et l'âme.
Traduit de l'allemand par © Ariel Wagner-Parker
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