L’œuvre débute en 1964 et se termine la nuit du 21 avril 67. Les «chants et les chœurs des Traboukos» (extrême droite) constituent des épisodes musicaux dans cette histoire.
La matière première – une comédie à pleurer – est un choix de ce qui s’est passé pendant cette période.
La raison pour laquelle je me suis empressé de m’occuper de cette période, est que je trouve beaucoup de ressemblances inquiétantes avec aujourd’hui, des ressemblances dont je pense qu’elles doivent devenir des «avertissements».
Comme en 1964, après la grande victoire électorale des partis à l’extérieur de la droite, maintenant en 1974, après s’être sorti de la dictature, le peuple – tout entier – a cru à un quelconque changement. Son optimisme, sa seule arme, s’est mobilisé avec une foi profonde et, une fois de plus, avec une foi pour les mêmes personnes. Mais comme en 64, de la même façon, sa foi, son optimisme, son espérance pour le mieux, se heurtent à d’autres spectres systématiques organisés, on ne sait pas par qui, mais qui font penser à plusieurs choses.
Qu’on n’oublie pourtant pas que nous n’avons pas seulement été conduits à la dictature par ses auteurs réels, mais aussi par ses responsables moraux. Bien, sûr, ces responsables moraux n’avaient pas l’intention de donner aux colonels le prétexte d’intervenir (ceux-ci l’ont saisi, parce qu’on y avait été si bien travaillé avec de si bonnes références). Seulement, quand la dictature est survenue, ils sont revenus à eux, et ont réalisé leur égarement. C’est pour cela que, même si la victime de la dictature était tout le peuple dans son ensemble, les artisans de la droite traditionnelle étaient ceux qui étaient le plus tragiquement trompés. L’expérience est que la classe dominante, en affrontant le peuple avec phobie, de manière antagoniste et hostile, a conduit le pays à la dictature.
Dans l’œuvre, il y a inévitablement l’ombre théâtrale de personnes qui ont joué un premier rôle pendant les événements. Je n’avais pas l’intention de les charger de plus de responsabilités que celles que chacun a réellement eues. Mais leur ombre (théâtrale) est sortie d’eux-mêmes, à partir des journaux de l’époque, des comptes-rendus du parlement, des livres qui ont été imprimés et des articles qui ont été écrits. Et encore aujourd’hui, je constate quotidiennement que ma décision d’écrire cette œuvre était la bonne.
Enfin je voudrais dire que je suis un auteur qui a de la chance. Mikis Theodorakis a écrit la musique pour les vers et les chœurs.
C’est ma troisième collaboration avec lui et la première après la dictature.
© Iakovos Kambanellis
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