La musique pour le Peuple ennemi essaie de suivre, comme c’est toujours le cas chez moi, le texte et les besoins de l’œuvre de théâtre. C’est ainsi qu’elle est divisée en deux parties.
La première est constituée par des chansons que chantent quelques-uns de ses héros durant tout l’œuvre, la seconde est le chœur de «Traboukos».
Je pense que de toutes les œuvres de Kambanellis, celle qui a, du moins à mon avis, la plus grande originalité, beauté, poésie, gravité dans le sens du poids intrinsèque, c’est le «chœur des Traboukos». Plus particulièrement là, où la parole mûre, musclée, robuste, m’a donné à penser aux grands auteurs athéniens, il y a quelque chose d’un chœur antique, et c’est ainsi que j’ai essayé de la voir aussi.
En deux mots: je considère les «parties chorales des Traboukos» comme quelque chose de complètement nouveau dans ma musique qui, peut-être plus tard, – Kambanellis et moi le pensons –, deviendra ce qui, quand on prolonge cette forme, pourrait créer une sorte d’opera populaire, où les paroles d’une pièce de théâtre seraient chantées du début à la fin.
© Mikis Theodorakis
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