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1967 ff.




 

Theodorakis - Chronologie (VII)

La Grèce sous la dictature 1967 ff.

par Guy Wagner et Asteris Koutoulas
Basé sur Ole Wahl Olsen
Structure et illustrations: Guy Wagner

1967

21.04. Immédiatement après avoir été prévenu que le coup avait eu lieu, Theodorakis entre en clandestinité. A 6 heures, il rédige un premier appel à la résistance. Il apparaît plus tard que c’est un officier des services secrets, Georges Papadopoulos, et quelques-uns de ses collègues colonels qui ont fait le coup – et non les généraux du roi. Leur coup était prévu pour le 23.04. !

Un Etat policier est installé avec tout son appareil répressif : censure, torture, arrestations arbitraires, déportations sur les îles, assassinats.

23.04. Theodorakis publie un deuxième appel.

28.04.
Le Vendredi saint des Pâques grecques, quand les colonels commémorent la « Fête de Résurrection » de la civilisation grecque orthodoxe, Theodorakis quitte sa cachette et retrouve des Lambrakidès qui ont échappé à l’arrestations. On décide de publier un journal de la résistance « Nea Ellada » (Grèce nouvelle).

01.06.
Par la « Consigne n°13 de l’armée », la musique et les chansons de Mikis Théodorakis sont interdites.
(Le compositeur allemand Paul Dessau a mis le document en musique pour récitant, chœur mixte et neuf instruments, en l’honneur de Theodorakis)

Cell No.4
Theodorakis dans sa cellule. Dessin d'un codétenu

21.08. Theodorakis est arrêté et conduit à l’état-major de la Police de Sûreté, 18, rue Bouboulinas. Le lendemain matin il est transféré à la cellule n°4, au quatrième étage où il entend les hurlements de ceux auxquels on applique la «falanga. » Plus tard, il est présenté à la presse pour prouver qu’il est « bien traité. »

17.10. Theodorakis finit Le Soleil et le Temps.

02.11.
Theodorakis commence une grève de la faim en protestation pour ne pas avoir été admis comme témoin au procès qu’on prépare contre ses amis du Front Patriotique arrêtés. Dix jours après, on le transporte sans connaissance à l’hôpital de la prison Averoff. On cherche à donner l’impression à l’opinion publique qu’il a trahi son organisation et qu’il collabore avec la junte.

15.11. Au tribunal militaire d’Athènes, le procès contre 31 personnes du Front Patriotique commence. C’est le procès de Theodorakis sans Theodorakis. Des interrogatoires des accusés il ressort qu’ils ont tous été torturés.

13.12. Le roi Constantin essaie de réaliser un coup d’Etat pour prendre ses distances vis-à-vis de la junte. Il échoue lamentablement et doit fuir à l’étranger. Quand on apprend à la prison qui est l’instigateur, on craint un massacre.

14.12. Papadopoulos se nomme lui-même Premier Ministre.

Averoff Theodorakis dirige en prison Epiphania-Averoff. Dessin d'un codétenu..

24.12. Le soir de Noël, les prisonniers assistent à la création d’Epiphania Averoff, chanson-fleuve que Theodorakis a composée en prison. Papadopoulos accorde pour Noël une amnistie fpour une centaine de prisonniers; Theodorakis figure parmi eux, mais n'est pas libéré.

1968

27.01. Sous la pression internationale et après de multiples complications juridiques Theodorakis est libéré. « Je n’accepte pas de compromis », dit-il à un correspondant de Reuter.

Vrachati Theodorakis avec ses enfants à Vrachati 

28.01. La « libération » est en fait une résidence surveillée dans sa maison de Vrachati, où il accueille cependant la presse internationale.

25.02. Mgr Makarios est réélu Président de Chypre.

12.06. Le Directeur général du ministère de l’Information annonce lors d’une conférence de presse que l’interdiction concernant la musique de Theodorakis est de nouveau en vigueur. Elle n’avait jamais été levée.

Alekos Panagoulis, affreusement torturé

13.08. Un jeune étudiant, Alekos Panagoulis, commet un attentat manqué contre le président du Conseil Papadopoulos.

21.08. Un an après son arrestation, Theodorakis est déporté avec sa famille par la Sûreté dans un village des montagnes d’Arcadie : Zatouna.

29.09. « 92% » des voix pour une nouvelle constitution grecque, confirment de fait la dictature.

03.11. Georges Papandreou meurt et un demi-million de Grecs accompagnent le cercueil au cimetière en criant: « A bas la junte ! » – «Démocratie ! » – « NON à la constitution !. »

Novembre Une équipe de télévision allemande revient de Zatouna avec des enregistrements de Theodorakis.
 

1969

16.03. Le journaliste anglais, John Barry, révèle dans « The Sunday Times », qu’il est allé à Zatouna, et qu’il a réussi à sortir clandestinement plusieurs bandes de nouvelles chansons enregistrées par Theodorakis, notamment Mitistorima (Mythologie) d’après Seferis, et une lettre pour le Secrétaire général de l’O.N.U., U Thant.

Zatouna Theodorakis avec ses deux enfants à Zatouna

19.10. On annonce que Theodorakis a été transféré au pénitencier (camp de concentration) d’Oropos au nord d’Athènes. On donne comme justification que là, il sera plus facile de soigner sa tuberculose. Des photos prises clandestinement par son père, montrant un homme malade, font le tour du monde et soulèvent un cri d’indignation. Des campagnes pour sa libération sont initiées par Dmitri Chostakovitch en U.R.S.S. et Leonard Bernstein aux U.S.A..

1970

26.03. Une délégation de parlementaires scandinaves va en Grèce accompagnée par un spécialiste pulmonaire danois, afin de secourir Theodorakis, mais elle est éconduite à l’aéroport d’Athènes.

09.04. Theodorakis est admis à 1’hôpital pénitentiaire « Sotira » après une rechute de tuberculose.

13.04. A 17.30h., le politicien français Jean-Jacques Servan-Schreiber, atterrit en compagnie de Theodorakis à l’aéroport du Bourget à Paris. J.J.S.S. a été en Grèce pour plaider en faveur des condamnés du réseau « Défense démocratique », quand Papadopoulos lui permet de ramener Theodorakis en France.

Le dictateur retient cependant sa femme et ses enfants en Grèce : Ils seront ses otages pour empêcher Theodorakis de parler.

© Guy Wagner & Asteris Koutoulas, 1996-2002. Ce © vaut pour les illustrations en provenance des Archives FILIKI et Mikis Theodorakis






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© Guy Wagner - FILIKI 1996-2009