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Raven





Theodorakis clandestinement photographié à Oropos
Le 26 octobre 1969, Theodorakis est transféré au camp de punition et de concentration d’Oropos près d’Athènes : « (à) l’aube, ce dernier dimanche du mois d’octobre, un cortège de voitures vient m’emmener. »

On donne comme justification que là, il sera « plus facile de le soigner».

Que dire d’un camp de punition et de concentration comme Oropos ? Que dire des brimades et des vexations que Theodorakis a de nouveau dû endurer ? Des brutalités disciplinaires auxquelles il était soumis ? Des querelles internes qu’il a dû affronter, querelles d’autant plus énervantes que les détenus étaient fractionnés en différents camps politiques ?

Tous ses efforts de réconciliation entre les différents clans et factions restent vains.

Theodorakis est déspespéré. Pourtant, parallèlement à ses efforts sur le plan humain et politique, il compose encore. La musique devient réellement une bouée de sauvetage.

Sur un poème de Seferis, d’après E. A. Poe, il écrit une cantate pour chanteur populaire, chœur et orchestre intitulée: « Raven » (Le Corbeau)

Il dédie la partition au compositeur Yannis Christou, qui s’est tué dans un accident : « Cette nouvelle me bouleverse. La mort frappe en aveugle et en démente. »

Il s’agit encore d’une « chanson-fleuve » dont le fondement est tragique. La musique repose sur la gamme lydienne, mais Theodorakis n’est pas entièrement satisfait des solutions sonores qu’il a trouvées : Quitte à finir la musique, le 15 janvier 1970, il considère cette partition toujours comme inachevée.

Ce ne sera qu’en 1993, quand le festival « klassik komm » de Cologne lui demande une création, qu’il reprend cette oeuvre et trouve une solution pour son harmonisation et une résolution du développement musical qui le satisfont enfin.

Ainsi est née une novelle œuvre pour mezzo-soprano, harpe, flûte et cordes, une œuvre qui sort du contexte général de la musique du compositeur, « une espèce de rêve musical, détaché, sortant de la réalité et la transcendant» (Theodorakis)


© Guy Wagner


RAVEN, AST 198
pour mezzo-soprano, flûte, choeur et orchestre
Composition: 7.-15.1.1970, Camp de Concentration d'Oropos
Mouvements.
1. Lento
2. Allgro moderato
3. Tempo primo
4. Lento
Création: Kulturpalast Dresden (RDA)
Maria Dimitriadi, Kammerchor der Singakademie Dresden, Yannis Zotos, dir.: Mikis Theodorakis

RAVEN, AST 296
pour mezzo-soprano, flûte, harpe et cordes
Mouvements:
1. Adagio
2. In stesso tempo
3. In stesso tempo
4. Moderato
5. Meno mosso
6. Lento
7. Tempo I
Création; 2.3.1994, Megaron Mousikis, Athènes
Alexandra Paptziakou, Maria Makropodi (flûte), Maria Bildea (harpe), Ethiniki Symphoniki Orchistra ERT, dir.: Mikis Theodorakis



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