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Mia Zoi yia tin Ellada I





Le carton d'invitation - Les pages extérieures


Chapitre 1: Un livre pour la Grèce

La présentation de la biographie à la presse était fixée au mercredi 17 avril 2002, à midi, à la "Stoa tou Bibliou", rue Panepistemiou, un peu plus loin que l'université. La Stoa, ou Galerie, du Livre se trouve à l'intérieur d'une galerie marchande, consacrée principalement aux bagages de toutes sortes: valises, sacs-à-dos, fourre-tout, autant de moyens de transporter tous les livres qu'on acquiert chez les nombreux libraires à l'intérieur...

Nous arrivons peu avant midi. On voit, au fond, l'invitation de l'éditeur Giorgos Dardanos (Typothito Press), reprenant la photo-portrait du célèbre compositeur grec, en différents tons de bleu, qui constitue la couverture du livre "Mikis Theodorakis: Mia Zoi yia tin Ellada" (Une Vie pour la Grèce), écrit par Guy Wagner.

Un escalier descend vers une grande salle, où on voit tout de suite la grande silhouette de Mikis, les journalistes fourmillant autour de lui et de "sa" chanteuse, Maria Farantouri. Et sur une table à gauche, la biographie elle-même – qu'on voit pour la première fois et qu'on feuillette rapidement. Il faut dire que l'édition grecque est devenue belle: plus de 630 pages, à première vue, à quelques exceptions près, les mêmes photos que l'édition française, mais une nouvelle introduction par Theodorakis et les différentes annexes mises à jour pour inclure le tout nouvel opéra, «Lysistrata».

Sur l'invitation de l'éditeur, on passe dans un autre auditorium, dont le bois couleur miel et l'éclairage ocre donnent une ambiance intime, et où une centaine de personnes attend déjà. L'entrée de Theodorakis provoque un bourdonnement d'excitation, et le compositeur se trouve très vite entouré d'une nouvelle foule, composée cette fois des amis, des connaissances, des personnalités de la vie publique grecque – entre autres, l’ancien ministre Pangalos – qui veulent le saluer. Les caméras au fond se braquent patiemment sur un podium où cinq chaises et un pupitre attendent les intervenants.

Enfin les spectateurs prennent place et le podium se remplit: A gauche, le juriste et compagnon de lutte de Mikis, Christophoros Argyropoulos, puis Guy Wagner, avec Dimitris Koutoulas, son interprète, et Maria Farantouri. La chaise prévue pour Loukas Karytinos restera vide, le chef d'orchestre ayant été empêché d'assister en raison de problèmes de transport.

Kostas Dardanos fait une brève présentation, remercie tout le monde et passe la parole à Maria Farantouri. Maria, toujours aussi impressionnante, avec ses grands cheveux noirs, sa robe noire et rouge et le long collier d'argent, a des mots d'affection pour l'ami Guy Wagner qui, dit-elle, n'est plus à considérer en Grèce comme un étranger. Ensuite, c'est l'historien qui s'adresse à nous. Homme à l’allure grave, posée, sa présentation concise et objective impressionnera tout le monde par sa compétence et sa perspicacité.

Quant à l’auteur, il nous parle des raisons qui l'ont amené à se consacrer pendant près de trente ans à la vie et à l’œuvre de Mikis. Les premières rencontres avec l'homme et sa musique, les différentes actions pour faire connaître les deux au Luxembourg et ailleurs: les concerts, les conférences, la fondation FILIKI et plus tard, les émissions à la radio, le site Internet. Et, bien sûr, la biographie, écrite en allemand, puis mise à jour en français et, finalement, éditée en grec au pays de Mikis, qui constitue en quelque sorte le point culminant de trois décennies de travail. Visiblement de bonne humeur, Mikis prend en dernier la parole, et fait rire son public à travers des anecdotes et histoires tirées de sa vie. Il évoque son amitié pour l'auteur, qui, nous dit-il, a réussi l'exploit d'écrire la biographie d'un homme qui ne se laisse pas confiner entre les pages d'un livre.

Après, ce sont les applaudissements, les photos, les embrassades, les poignées de main, les félicitations, les interviews. Et puis, les bons vœux, les «au-revoir», et on se met à repartir. Finalement, on n'a pas eu besoin de nouveaux bagages: on a quitté la «Stoa tou Bibliou» avec un seul livre… mais beaucoup de beaux souvenirs.

© Ariel Wagner-Parker



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