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(Photo digitale: © Serge Wagner)
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Le magnifique Centre des Arts Pluriels Ed. Juncker à Ettelbruck, inauguré en septembre dernier, avait tenu à réaliser un concert de musique grecque, toujours sous les auspices de l'Ambassade de Grèce, dans le cadre duquel Guy Wagner a fêté la sortie de la biographie consacrée à Mikis Theodorakis
Qui donc pouvait mieux que Maria Farantouri exprimer toute la grandeur d'un art consommé fait tout autant de la musique des mots que de la poésie des notes? Un tour de chant qui mène Maria et ses musiciens, outre Henning Schmiedt et Jens Naumilkat déjà nommés, également Volker Schlott, saxophone et flûte, Jannis Zotos, guitare, ud et bouzouki et Thannassis Zotos, percussion et 'backing vocals', à travers toute l'Europe et même en Australie.
Les superlatifs n'ont jamais manqué pour évoquer Maria Farantouri. L'émotion que provoque sa voix rugueuse et envoûtante a marqué plus d'un auditeur et pas des moins illustres. Répétons ce que François Mitterrand disait d'elle: Je ne connais pas d'artiste qui m'ait à ce point fourni le sens du mot sublime.
Une fois encore, cette femme à la voix de bronze a subjugué son public chaleureux dans le nouvel auditorium d'Ettelbruck à l’acoustique superbe, et a emporté sur son passage tous les préjugés attachés à la musique grecque dite populaire, laissant planer derrière elle les parfums d'un pays où le mélange des cultures a pris samedi soir une dimension hors du commun.
La musique byzantine, les rythmes sourds du cœur d'un peuple et le lyrisme des textes arrivent par vagues successives comme les trois mers qui entourent ce pays gorgé de lumière et de vent. Toute la Grèce est présente au cœur de ces chansons, auxquelles Maria a donné le titre générique de "Nostalgia". La joie, la souffrance et l'amour prennent tour à tour les yeux, la voix et les gestes de cette artiste qui évoque le magnétisme de la Grèce, sa grandeur et parfois sa cruauté, mais aussi le charme indicible de ses îles.
Les textes et les musiques sont de purs produits de cette civilisation plusieurs fois millénaires et à aucun moment il n'y a cette triste querelle "des anciens et des modernes". Tout s'imbrique à la perfection, du chant traditionnel à la musique d'Hadjidakis ou de Theodorakis et de l'Odyssée à Yannis Ritsos.
Les merveilleux musiciens accompagnateurs sont si proches de la chanteuse qu'ils anticipent sur son interprétation avec ce sixième sens dont sont pourvus les vrais artistes. Une journée que nous ne sommes pas près d'oublier.
© Monique Bonati, 2000
Première parution: Le Jeudi, du 26.10.2000
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