Noël est passé. C'est le Jour de l'an.
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A la Prison Averoff, Theodorakis dirige un orchestre imaginaire. Dessin d'un co-détenu
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Leonidas Kyrkos s'approche de moi :
- Il faut trouver, me dit-il, quelque chose d'exceptionnel, d'inédit pour ta musique.
- C'est bien ça. Je veux briser les liens de la chanson, la libérer.
- Comme tu l'as fait pour « Grécité », le poème de Ritsos.
- Je veux aller plus loin encore, en suivant une ligne de progression interne. Et en dehors des cadres classiques.
- Oh toi, tu mijotes quelque chose...
- J'ai avec moi le recueil de poésie de Seferis. Tu te souviens de ce poème que j'ai mis en musique : « J'ai maintenu ma vie »*) . Tu sais combien de vers j'en avais tires ? Quatre ou cinq. Eh bien je vais prendre le poème entier pour en faire une chanson, une chanson immense.
-Tu vas t'y mettre ?
-Des ce soir. Sitôt qu'ils auront ferme les portes.
C'est ainsi qu'a pris naissance la forme musicale nouvelle que j'ai dénommée « chanson-fleuve ».
*) cf. « Epiphania »
© Mikis Theodorakis - In: Journal de Résistance, p.158 ff.
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