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"Zorba le Grec"





Scène de "Zorba"


Le 6 août 1988, le ballet Zorba il Greco, une œuvre de commande de la direction du Festival des Arènes de Vérone, reçoit à sa création un accueil triomphal.

Mikis Theodorakis dirige sa musique. La chorégraphie est de Lorca Massine qui, déjà en 1972, avait chorégraphié et dansé une « Fête dansante » sur de la musique de Theodorakis au Havre. Le compositeur voit cette œuvre comme sa composition la plus « caractéristique ».

Trame:

L’action du ballet est vite racontée : Dans un lieu inconnu de Crète apparaît John, un touriste américain qui veut participer à la vie des locaux. Il suit les solennités locales et tombe amoureux de Marina convoitée aussi par Yorgos un jeune homme du village. L’hostilité grandit contre l’étranger.

Zorba apparaît. Il est l’homme libre. Il n’appartient à personne. Il se lie d’amitié avec John et lui apprend la manière de vivre des Crétois. Madame Hortense, une femme à hommes d’un certain âge, sinon d’un âge certain, voit en Zorba la personnification de tous ses amants précédents. Zorba accepte ses avances, sans abandonner cependant sa liberté.

Marina est tuée par les villageois en raison de son amour pour John. Madame Hortense meurt. Zorba et John se sauvent dans une danse frénétique pour ne pas désespérer. Par cette danse qui est reprise par toute la population et devient une ivresse des corps, ils refoulent le drame qu’ils ont vécu et retrouvent leur joie de vie.

Commentaire:

Nous sommes ici aux sources des mythes grecs, du conflit éternel entre la vie et la mort, l’amour et la haine, le désespoir et la rage de vie : Apollon et Dionysos sont éternels.

Zorba appartient au dieu Dionysos qui, par conséquent, est également fêté dans cette œuvre. Zorba porte en lui-même la sagesse infinie des hommes en accord avec la nature et les traditions fondées sur son rythme et ses secrets. Il est généreux et en même temps, il est un observateur critique qui, avec le regard de celui qui sait et qui connaît les faiblesses humaines, est devenu le symbole de ceux qui en ont assez de la superficialité. « Si tout le monde était comme lui, nous aurions une autre société », dit Theodorakis. Mais la société dans laquelle Zorba se retrouve, même si elle apparaît comme « primitive », n’est pas innocente Ce sont de pauvres gens qui ont arrangé leur vie dans ces lieux de Crète d’après leurs propres règles et laissent libre cours à leurs sentiments et leurs instincts.

Si à la fin – du livre de Kazantzakis, du film de Cacoyannis, du ballet de Massine et de Theodorakis –, la grande réconciliation avec le destin se fait dans la danse, on ne doit pas oublier sur quoi cette réconciliation est fondée : deux femmes ont dû mourir avant qu’on en arrive à la violente extase des corps dans la danse qui devient l’expression même de l’acceptation de la vie.

« Précisément alors qu’une tragédie totale a eu lieu, Zorba a assez de force pour affronter la vie, pour continuer à avancer et à prendre la vie comme elle est. C’est peut-être la raison, pour laquelle nous sommes tellement fascinés par cette figure. »

Theodorakis a exprimé sa fascination pour le personnage de Zorba et les mythes dans une musique qui compte parmi les plus réussies qu’il ait composées et dans laquelle il a réalisé l’une de ses grandes finalités musicales : Unir la musique symphonique, laïque et crétoise de façon si harmonieuse que leur alliance apparaisse comme tout à fait naturelle, car il l’a comprise « non comme opposition, mais comme synthèse ». Theodorakis est « Crétois, Grec et Européen. » , et avec cette partition, la musique populaire grecque fait son entrée éclatante dans la musique symphonique occidentale.

La musique

La musique de Mikis repose sur l’élément mélodique. Elle reprend, comme il a l’habitude de le faire, des thèmes de compositions antérieures : ce sont en particulier le ballet Carnaval Grec, le Syrtos Chaniotikos, sa Sonatine pour piano, d’essence crétoise, une partie de la suite de Le Quartier des anges, des chansons de I Synanthisi (La Rencontre) et plusieurs de ses chansons les plus célèbres, comme Marina, Strosse to stroma sou, Apo to parathiro sou ou O Pavlos kai o Nikolios, qui sont développés et métamorphosés dans la nouvelle composition. S’y ajoutent de nombreux thèmes et lignes mélodiques que Theodorakis relie de façon rythmique précise : Il ne perd jamais de vue que Zorba est une musique de ballet faite pour être dansée.

Cette musique est en même temps le plus bel hommage du compositeur à la Crète, l’île natale de son père sur laquelle il écrit :

« Il existe réellement, le Crétois qui revendique le droit spontané et intransigeant à la liberté et pour qui la chanson, la danse, l’amour et le vin sont l’expression de son essence. Certes, les Crétois ont un code d’honneur fanatique. Mais je dirais, il est purement extérieur. En réalité, en Crète, on fait l’amour le plus libre et le plus effréné.. L’unique contrainte est la peur que « cela» se sache. Mais pour moi, ces vieux et ces nouveaux mythes crétois possédaient, quand j’en ai fait la connaissance, une grande portion de théâtralité, et c’est ce qui m’a fasciné, non comme acteur, mais uniquement comme spectateur. C’est un théâtre vivant que les Crétois paient parfois très cher. »

A mon avis, la partition de Zorba est aussi et avant tout l’hommage que Theodorakis devait depuis longtemps à son père admirable et admiré, qui s’est engagé à d’innombrables reprises avec tous ses moyens financiers, ses connaissances juridiques, sinon sa vie, pour venir en aide à son fils.
La danse finale dans son intensité frénétique devient pour Zorba et John l’exorcisation de la mort, tandis que la musique devient pour Theodorakis lui-même l’exorcisation des démons qui ont sans cesse bouleversé sa vie. La musique pour Zorba de Theodorakis devient ainsi l’expression d’un espoir infini.

©

AST 281
Composition: Du 29.7.1087 au 22.2.1988 à Athènes, Vrachati et Paris.

Scènes du ballet

Acte 1.
Scène 1: Danse des hommes, danse des femmes, entrée de John.
Scène 2: Danse de John et Yorgos.
Scène 3: Entrée de Zorbas, John et Zorbas, John et Marina, révolte du peuple.
Scène 4: Danse amusée entre les protagonistes et la population du village.
Scène 5: Scène de Madame Hortense, danse à trois: Hortense, Zorbas, John.
Scène 6: Menaces de population du village contre John , poursuite de Marina par Yorgos.
Scène 7: Zorbas et John, retour de Hortense.
Scène 8: Danse de Zorba avec la population.
Scène 9: Pressentiment de la tragédie de Marina.
Scène 10: Pas-de-deux de Marina et John

Acte 2.
Scène 11: Tous recherchent Zorba.
Scène 12: Noces Imaginaires entre Zorba et Hortense en présence de John.
Scène 13: Marina est agressée par les villageois.
Scène 14: Tristesse de Marina.
Scène 15: Danse d'amour de Marina et John.
Scène 16: Marina est tuée par les villageois, Zorbas ne réussit pas à la sauver.
Scène 17: Danse de Zorba et John.
Scène 18: Mort de Madame Hortense.
Scène 19: Danse des villageois.
Scène 20: Tristesse de Zorba.
Scène 21: Danse de Zorba.
Scène 22: Finale: Danse commune

Création: 6.8.1988 aux Arènes de Vérone.
Réalisation scénique et chorégraphie: Lorca Massine.
Décors et costumes: Ferruccio Villagrossi.
Sophia Michailidou,. Ballet, Choeur et Orchestre du Festival dee Verone,
Danseurs solistes: Vladimir Vassiliev, Donna Wood, Gheorghe Iancu, Rosalba Garavelli, Christian Craciun.

Reprise en 1990.



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