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03.08.02: Gauche, lutte armée et « 17 Novembre »
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Des symboles pervertis
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L’arrestation d’un premier noyau de base de l’organisation terroriste « 17 Novembre », au lieu d’éclaircir le paysage autour des antipathies et des sympathies que leur action a engendrées au sein du peuple grec, a plutôt conduit à la confusion, comme nous devons le constater.
Sur la base du prétexte des droits des accusés que jusqu’à maintenant personne n’a contestés, nous assistons à un défilé télévisuel de personnalités connues, dont certaines représentent même des partis et qui cachent à peine leurs sympathies pour les terroristes.
Il paraît que même le mot « terroriste » ne leur convient pas, et chaque jour qui passe, on dirait qu’on s’efforce à dire ouvertement ce qui durant des années se disait en secret, à savoir, que nous avons à faire à « des combattants populaires », « des idéologues », peut-être parce que jusqu’à maintenant, leurs objectifs coïncidaient à un haut degré avec ceux de la gauche grecque élargie. Avec cette différence qu’aucun parti parlementaire de la gauche jusqu’à maintenant, n’a eu l’idée de prétendre qu’il faille tuer ses opposants politiques et idéologiques.
Au contraire, tous rejettent publiquement ces méthodes extrêmes…
Mais alors, comment se fait-il qu’une grande partie de leurs partisans les admirent d’une façon à peine voilée, comme si au fond ils croyaient que ces crimes de droit commun soient des actes de « justiciers populaires »?
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J’essaie d’entrer dans la logique, pas tellement des simples partisans, mais de quelques leaders et plus spécialement de ceux qui croient et qui affirment que les terroristes sont des instruments des services secrets étrangers et surtout de la CIA.
Cette logique, d’abord, ne répond pas à la question pour quelle raison les Américains auraient peur pour la marche de notre pays et installeraient et renforceraient pour cela le terrorisme, en essayant de déstabiliser ainsi le système politique existant… Pour imposer quoi ? Un autre système qui soit à leur goût ?
Mais aujourd’hui avec le PASOK au gouvernement et la Nouvelle Démocratie dans l’opposition – à eux seuls, les deux partis réunissent autour de 90% –, pourquoi les Américains seraient-ils inquiétés ? Par qui risquent-ils de se trouver en danger ? De ce que nous savons, il n’y a que le PCG qui soit animé de sentiments et de programmes anti-américains authentiques et extrêmes et qui, de ce fait, pourraient inquiéter les USA si son pourcentage électoral était important et surtout s’il était suivi par un mouvement de masse anti-américain combatif existant. Les réactions de masse – dans les cas de la Yougoslavie, de l’Afghanistan et de la Palestine – expriment plutôt un climat anti-américain général qui, effectivement, traverse tout le peuple grec. A partir de là, les partisans des deux grands partis ne sont évidemment pas disposés à contester, à la manière du PCG, les directives de base telles qu’elles sont déterminées par les deux partis « de gouvernement ».
Dans l’histoire grecque récente, il n’y a pas eu de période plus rassurante pour les USA et l’OTAN. Pourquoi donc la CIA serait-elle inquiète et organiserait-elle des actions terroristes déstabilisant le système politique existant ?
Le contraire est vrai. Tout prouve que le PASOK bénéficie de la confiance sans partage de la Maison Blanche, au même degré et peut être même plus que la Nouvelle Démocratie. C’est-à-dire qu’avec notre système politique actuel, les Américains sont rassurés du fait que les 90% du peuple grec, indépendamment de ses sentiments, votent consciemment la politique de l’attachement total au Monde Occidental et aux Forces Occidentales.
Mais si tel est le cas, pour quelle raison les services américains fonderaient-ils des organisations terroristes, afin de saboter un système politique totalement aligné sur leur politique et leurs intérêts ? Tandis que pour leurs seuls ennemis en Grèce, les communistes, il est clair qu’avec toute l’influence qu’ils peuvent exercer et les mobilisations qu’ils peuvent réussir, il leur est très difficile, pour l’instant du moins, de saborder les équilibres politiques en vigueur, en créant un climat de contestation générale, ce qui entraînerait peut-être « des mesures d’urgence » de la part des Américains.
En tout cas, il ne semble pas que soient justifiées des relations entre « 17 Novembre » et les services secrets américains. Sauf si, enfin, on admet que ceux-ci agissent contre les intérêts américains…
Mais ce qui incite vraiment à la réflexion est le fait que, tandis que certains cercles politiques dirigeants considèrent « 17 Novembre » comme un groupe d’agents au services de puissances étrangères, l’attitude publique de représentants connus de ces cercles cache à peine ses sentiments amicaux envers les terroristes… Il est en effet contradictoire de considérer, d’un côté, « 17N » comme une création de la CIA et, de l’autre, de ne pas être capable de contenir sa sympathie pour les membres de cette organisation.
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D’ailleurs, à l’époque où la gauche communiste était forte et contestait vivement la présence anglo-américaine, il était naturel que ces derniers intriguent par tous les moyens contre la Gauche, même à travers des organisations terroristes paraétatiques, puisque la Gauche alors véritablement anti-américaine disposait d’une grande arme : le mouvement populaire. Lequel, même pendant une phase de l’histoire avait la force de se transformer – à tort ou à raison – en armée, à savoir, en l’Armée Démocratique. Indépendamment de l’issue finale de la confrontation, la forme de la lutte armée dans ces conditions concrètes était historiquement justifiée, puisqu’elle exprimait une partie importante du peuple grec. D’ailleurs nous n’avons qu’à nous rappeler les centaines des milliers des gens de gauche qui, d’une façon ou d’une autre, ont été impliqués dans les engrenages de la guerre civile.
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Je dirais encore qu’à l’époque de la reconstitution des forces démocratiques après la guerre civile et particulièrement pendant la décennie ‘60, les Américains sentant la terre se dérober sous leurs pieds, intriguaient pour soutenir par tous les moyens leurs alliés politiques et autres. Et il était naturel qu’ils soient inquiets puisqu’il existait un très puissant mouvement populaire qui contestait de plus en plus massivement leur domination totale.
Et pourtant ces forces de contestation ne se sont pas aventurées à des formes de réaction de lutte armée contre l’ordre établi de l’époque, malgré le fait qu’une telle chose aurait trouvé un grand retentissement dans les couches de la jeunesse démocratique enflammée par des sentiments antiaméricains. Et ce n’est pas seulement à cause du fait que la direction de l’Union du Centre était proaméricaine, que la création des formes dynamiques de résistance a été évitée, mais la Gauche même, l’EDA et le PCG, ont mesuré très correctement et avec un grand sens de responsabilité la situation de l’époque et ont constaté que les conditions préliminaires n’existaient pas pour une nouvelle lutte armée qui, si elle avait commencé dans ces conditions concrètes-là, aurait conduit à une défaite sans pareille de la Gauche et plus généralement des forces démocratiques et aurait engendré de grandes catastrophes au détriment de notre peuple.
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Pourtant un peu plus tard, après la provocation brutale de la Junte (et des Américains qui la soutenaient) contre le peuple grec, le cadre historique qui rendait légale toutes les formes de résistance, même contre l’armée, a été créé par des raisons objectives.
Avant d’examiner les côtés pratiques d’une telle entreprise, c.à.d., s’il était possible de réaliser une lutte armée et avec quels moyens, quels appuis et quels perspectives, il faudra, je crois, voir un autre aspect, celui de la nécessité patriotique comme action ultime du devoir moral vis-à-vis des traditions historiques et de la survie même du peuple grec en tant que valeur historique, morale et culturelle.
De ce côté-là, la contestation armée de la Junte était historiquement nécessaire, pour que soit justifié ce que d’un mot nous appelons l’honneur du peuple grec. A partir de là, ce qui allait advenir avait une signification secondaire. Il fallait un préalable avant qu’une telle décision soit prise, – quelque chose comme « la Liberté ou la mort » –, afin que par la suite soit construite avec cette perspective la résistance créant les conditions nécessaires qui permettraient de manifester, d’encadrer et même d’appuyer une certaine forme de lutte armée… dans une phase ultime.
Par qui une telle décision devait-elle être prise ? Il est clair que le caractère radical d’une telle perspective de résistance ne pourrait avoir comme point de départ que les partis de gauche de cette époque, contre lesquels finalement la dictature était avant tout tournée : le PCG, l’EDA et l’aile gauche de l’Union du Centre.
Et il est aussi évident que si, qui que ce soit, décidait d’une façon aussi responsable
de conduire le peuple grec à une confrontation dynamique avec la Junte, la première chose à laquelle ont aurait dû penser, est la réponse à la question : « Avec quelles forces le ferai-je? Avec quelle tactique et quelle stratégie ? »
Avec en face de soi un régime surarmé, l’unique façon de l’affronter dans un rapport de force favorable était la construction systématique de l’unité de toutes les forces anti-junte avec méthode, imagination et conséquence, en conduisant le peuple organisé dans un large mouvement anti-dictatorial unitaire vers des formes de lutte qui iraient des plus douces aux plus dures et aux plus risquées.
Une lutte armée ayant une assise populaire ne se crée pas avec des proclamations et des slogans. Elle constitue un processus d’ampleur historique, dont la condition préalable s’appuie chaque fois et à un degré décisif sur le noyau dirigeant des forces populaires devant se trouver en Grèce et se battre avec le peuple, prendre des risques avec lui, ainsi que sur l’exemple personnel des dirigeants et des cadres, afin de convaincre tous les jours davantage le simple citoyen que la voie de la lutte – même armée – était la seule si nous voulions rendre le peuple réellement souverain après la libération.
Et cela, on ne le réussit pas avec des paroles, mais avec la certitude qu’a le peuple qu’il est vraiment fort. Mais comment un peuple devient-il et se sent-il fort ?
Au-delà des manifestations de masse, des protestations et des formes douces de lutte sur le lieu de travail, dans l’éducation, à la ville et à la campagne, l’action de petites équipes armées frappant des objectifs déterminés était nécessaire pour que l’adversaire soit déboussolé et qu’il fasse de faux mouvements, tandis de l’autre côté, le peuple gagnerait de plus en plus de courage, et c’est ainsi qu’on arriverait peut-être une fois à une confrontation suprême du peuple tout entier qui combinerait, disons, une forme comme celle l’Ecole Polytechnique et des frappes puissantes.
En d’autres mots, de petits groupes armés comme celui que nous avons vu avec « 17N », seraient dans de telles circonstances très précieuses. A la condition préalable naturellement qu’ils représentent un mouvement de résistance antidictatorial de tout le peuple.
Mais rien que par le fait qu’elle ait commencé son action une fois que la Junte était tombée, cette organisation précise constitue une caricature de l’histoire, une injure historique face à un peuple qui attendait vainement de ses Elus qu’ils accomplissent le devoir qu’ils lui redevaient, et maintenant il apparaît que quelques-uns de ces grands absents lui murmurent à voix basse : « Voici, après coup, notre résistance contre la Dictature », et lui présentent en secret des assassins sans vergogne…
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Et tandis que, comme nous l’avons noté, la perspective de la confrontation armée avec la Junte était à l’époque d’abord et surtout un devoir moral et patriotique, tandis que parallèlement elle était historiquement justifiée en raison de la provocation barbare de la Junte avec la suppression des libertés du peuple grec, il n’a existé cependant aucune prise de position responsable des forces politiques de cette époque-là qui serait allée dans cette direction. Et quand plus tard a commencé la « littérature » pour une soi-disant lutte armée, cela s’est fait pour des raisons de propagande et à partir d’une belle distance sécuritaire.
Ensuite, au lieu d’une politique de convergence et d’unité de toutes les forces antidictatoriales, a commencé la marche contraire, celle vers le multi-morcellement et le conflit interne des petits et des grands groupes, ce qui, comme ce n’est que naturel, a déçu le peuple grec et a renforcé les dictateurs et tous ceux qui les soutenaient.
Pour résumer : La Junte a offert à chaque force politique révolutionnaire la justification historique et les encadrements moraux pour la manifestation même des formes les plus extrêmes de la lutte armée.
Cette occasion historique, soit, ils n’ont pas voulu la voir, soit, ils l’ont vue et ont pris peur, tous ceux qui se considéraient et se considèrent comme radicaux, révolutionnaires et combattants irréconciliables de l’ordre établi grec et étranger, un ordre qui à cette époque avait pris la forme la plus réactionnaire, sombre, ultra-noire : celle de la dictature militaire.
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On dit encore que la chute de la Junte avec « la Solution Karamanlis » a constitué une provocation pour les sentiments démocratiques d’une partie du peuple grec et à l’évidence de la Gauche.
Mais une solution quelle qu’elle soit et surtout une solution liée à la chute de la dictature est directement en relation avec le comment et le par qui elle est réalisée…
C’est le résultat de l’effort et de la contribution de chacun et particulièrement de ceux qui sont considérés comme les forces d’avant-garde de la Gauche.
Mais nous avons vu que la Gauche n’a pas pensé à la résistance dynamique qui, naturellement, présupposait un mouvement de résistance massif assurant l’unité aussi bien aux sommets qu’à la base du peuple. Au contraire, les directions allaient d’une scission à l’autre. Scission au PCG passée à l’EDA, aux Lambrakidès et au Front Patriotique. Ensuite scission entre les Organisations de résistance, entre PAM (= Front Panhellénique de Libération), PAK (= Mouvement Panhellénique de Libération), D.A. (=Défense Démocratique) et des groupes de résistance.
Finalement, multi-scission au sein du Peuple lui-même. Comment donc ne pas conclure que la « Solution Karamanlis » était « ce que méritait » ce peuple multi-éclaté et, par conséquent, affaibli et désarmé, qui, voyant l’état piteux des forces politiques et de la résistance dispersées et entredéchirées, s’est tourné vers l’unique issue de l’impasse de la dictature, la « Solution Karamanlis », précisément : Nous avions pris au moins le droit de respirer librement après sept années dans le plâtre ?
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Le peuple dit : « Tu donnes tant, autant tu prends ! » Et il faut dire que la « Solution Karamanlis » lui a assuré beaucoup plus que ce que nous avions l’obligation de donner, à savoir une résistance réelle unie et dynamique.
Du bla-bla, nous en avons eu abondamment. Des groupes combatifs de barbus à Paris et ailleurs, nous en avons eu assez. C’est la résistance que nous n’avons pas eue. Voilà pourquoi la Junte est tombée à cause de ses propres erreurs et surtout des ses crimes à Chypre. Ou est-ce qu’on fait semblant de ne pas entendre les Chypriotes quand ils disent que les Grecs ont gagné leur liberté sur les ruines de Chypre ?
Non, pour tout ceci, nous n’avons aucune raison d’être fiers. Mais arriver jusqu’au point de s’indigner, parce que la « libération » n’a pas été aussi radicale que nous l’aurions voulu ? Que dire ? Contre qui nous indigner ?
Si il fallait s’indigner contre quelqu’un, c’est contre nous-mêmes, car au fond, nous sommes tous responsables de l’état piteux de la résistance contre la Junte qui nous a laissés nus et impuissants devant le pouvoir des militaires et les machinations des étrangers.
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Voilà que, non seulement nous n’avons pas eu le courage d’assumer, même à posteriori, notre part de responsabilité pour le caractère du changement – « Solution Karamanlis » –, mais de plus, certains ont alors commencé à applaudir les premiers coups de « 17 Novembre », sous le prétexte qu’ils prétendaient exprimer l’indignation des hyper-patriotes purs pour la « mollesse » du gouvernement Karamanlis face aux tortionnaires. Mais pourquoi tous ceux qui ont applaudi ces frappes faciles – faciles à cause du régime démocratique – n’ont-ils pas pensé à une chose très simple, à savoir : où tous ces « braves » avaient-ils été du temps du régime des colonels ? A cette époque-là, ils auraient pu assumer le risque qui découlait de leurs actions et qui les aurait révélés comme de véritables braves (comme l’a fait p.ex. Alekos Panagoulis). Alors, en fin de compte, leurs balles auraient frappé la Dictature haïssable et non la Démocratie.
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Rien que la justification des actes de justiciers en temps de démocratie constitue l’expression d’une psychologie de masse traumatique qui conduit à des déformations idéologico-politiques et à des phénomènes de décadence morale et sociale.
On dirait que ces prétendues actions de résistance offrent une bouée de sauvetage et un alibi à tous ceux qui, alors qu’ils avaient le devoir de résister d’une manière éminente contre la Junte, sont restés à l’abri des risques pour envahir la scène politique – qui a été, bien sûr, préparée pour eux par la « Solution Karamanlis » –, en brandissant après coup les étendards de la révolution « contre l’ordre établi », ce qui, comme cela apparaît maintenant, a fait que certains considèrent les frappes des « camarades armées », – comme les ont nommés certains journalistes de gauche –, contre ce même ordre établi comme des actes à peu près parallèles à leur politique.
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Une plus grande déformation, un pire traitement et finalement une telle décadence de la tolérance du terrorisme n’ont jamais été subis par un mouvement de masse comme celui de la Gauche grecque. Arriver au point où des partis politiques ayant
livré tant de batailles et payé tant dans le passé évitent à dénoncer clairement et de façon déterminante et forte tous ces lâches et vils assassins qui, rien que par le fait qu’ils ont eu le culot d’utiliser les étendards de la Gauche, devraient être étouffés par la Gauche même dans un mépris populaire général se manifestant dans une descente dans les rues de la foule des descendants de cette Gauche honorée par le sens et les sacrifices des véritables combattants populaires et dans la séparation par un coup de couteau sec de leur position et de celle de tous ces mauvais plagiats de prétendus combattants, de ces tristes personnages, dont personne ne sait encore d’où ils viennent et qui, après la première déconfiture, ont commencé à dénoncer allègrement leurs propres frères.
Quelle honte que de les mettre côte à côte avec ceux qui, pour ne pas avoir signé la fameuse « déclaration » – de repentance, dont les autorités d’alors exigeaient la signature des exilés à Makronissos, par laquelle ils reniaient leur idéologie –, sont restés invalides à la suite des sévices y endurés pour avoir refusé de signer, ou avec ces géants qui ont choisi la mort plutôt que de dénoncer leurs idéaux !
Athènes, 3.VIII.2002
Mikis Theodorakis
Ce texte a paru le 5 août dans © "Elefterotypia" - Traduction-adapatation en français: © Héraclès Galanakis / Guy Wagner
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