Du 3 au 19 juin 1947, Theodorakis compose la première ébauche de ses «Onze Préludes» pour piano, alors qu’il ne lui reste plus que quelques jours de liberté éphémère:
«En d’autres termes, écrit-il, si je n’avais pas été déporté et si j’avais continué à composer, l’évolution de ma musique – à en juger par cette œuvre – eût été toute différente», et il ajoute: «Si l’on entend cette œuvre aujourd’hui et qu’on s’efforce de la remplacer dans l’Athènes de 1947, on comprend combien j’étais tragiquement seul.»
Les Préludes constituent pour Theodorakis un des achèvements de la période passée au Conservatoire d’Athènes, mais, suite aux événements tragiques qu’il vit, il ne peut y revenir que trois ans plus tard quand il passe ses examens.
Comme Chopin, comme Debussy, Mikis veut aboutir dans ses Préludes à une concentration extrême pour le vécu autant que pour les expressions musicales qui l’ont marqué.
On trouve ainsi une chanson démotique – du folklore, donc, avec la restitution au piano d’un instrument caractéristique, la clarinette d’Epire, – une chanson populaire, des résonances de la musique d’église, du jazz, du contrepoint de Bach.
L’économie des moyens est aussi impressionnante que le langage harmonique avancé, mais surtout l’utilisation raffinée et très personnelle du piano. Aussi, cette œuvre peut-elle exercer un attrait réel tant sur les interprètes que sur les auditeurs.
© 2000 - Sur la base des notes de Tatiana Papageorgiou. Traduit du grec par Héraclès Galanakis. Finition : Guy Wagner
PRELUDIA, AST 44
Composition: 3.6.-29.6.1947 à Athènes
Désignations:
1. Tranquillo
2. Allegro
3. Allegretto
4. Sostenuto e cantabile
5. Andante mosso
6. Adagio appassionato
7. Andante semplice
8. Andante
9. Adagio
10. Tranquillo
11. Allegro
Création: 8.4.1952 à Athènes
Lena Koutouvali, piano
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